Les animaux sauvages bientôt interdits dans les cirques en France ?

Les animaux sauvages bientôt interdits dans les cirques en France ?
Un lion dans un cirque à Rome, le 7 juin 2013.

Orange avec AFP, publié le lundi 04 septembre 2017 à 21h21

CAUSE ANIMALE. Alors que Nicolas Hulot a créé un groupe de travail sur le bien-être animal, pour réfléchir à une éventuelle interdiction des animaux dans les cirques, les professionnels du secteur étaient reçus lundi 4 septembre par un représentant de l'État.



Les animaux sauvages vont-ils disparaître des cirques en France ? Alors que de nombreuses associations de défense des animaux réclament des mesures, les professionnels du cirque s'inquiètent. Et pour cause.

"Je ne suis pas favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l'idée qu'on fasse du spectacle avec cette activité-là", a déclaré début août sur France Inter Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique a lancé un groupe de travail sur le bien-être animal, pour réfléchir à ce sujet.

LES PROFESSIONNELS NE SUPPORTENT PLUS LES INJURES

Des propos qui n'avaient pas manqué de provoquer la colère des principaux concernés. Quelques jours plus tard, le Collectif des cirques, regroupant les professionnels de six organisations de cirques avec animaux, revendiquant au total "entre 150 et 200 établissements" sur les 250 que compte le milieu, a demandé à rencontrer "de toute urgence" le ministre. Rendez-vous pris lundi 4 septembre, où pas moins de 80 directeurs de cirque devaient exprimer leur inquiétude auprès d'un représentant de l'État, selon RTL.

"C'est la première fois dans l'histoire des cirques qu'ils sont tous rassemblés dans un collectif pour défendre leur profession", a indiqué à l'AFP Me Cyrille Emery, leur conseil, car "ils en ont assez des injures et des mensonges déversés sur eux par des gens qui n'ont jamais mis un pied dans un cirque". "Les professionnels s'inquiètent et surtout ne supportent pas la campagne de dénigrement dont ils font l'objet", explique Me Emery.

Pour l'heure, outre le rendez-vous espéré avec Nicolas Hulot, le Collectif des cirques attend la création d'une commission interministérielle dédiée à leur activité où sont censés siéger professionnels et représentants de différentes administrations. C'est l'une des recommandations préconisées par un rapport commandé par le ministère de l'Intérieur l'an dernier au préfet Roger Lemaire sur l'ensemble des problématiques rencontrées par la profession.

LES CIRQUES SE DÉFENDENT

Alors que les associations dénoncent les conditions de détention de ces quelque 2.000 animaux de cirques, parmi lesquels lamas, chevaux, tigres, lions, singes et éléphants, les professionnels du secteur se défendent en invoquant les fréquentes visites des vétérinaires. Par ailleurs, ces animaux nés en captivité sont habitués à ces conditions et sont parfois mieux traités que dans la savane, assurent-ils.

"Les gens qui nous dénigrent prétendent connaître les animaux, c'est faux", affirme à l'AFP Solovich Dumas, directeur du cirque de Rome. "Nous vivons avec eux depuis qu'ils sont nés, nous avons appris à les respecter, à les éduquer et nous transmettons cela à nos enfants", poursuit-il. "Nous avons tout intérêt à bien les traiter car le public vient voir la complicité que nous avons créée avec eux et cela ne peut pas se faire avec des mauvais traitements", déclare-t-il.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.