Les adolescents consomment moins de tabac et d'alcool mais toujours trop de cannabis

Les adolescents consomment moins de tabac et d'alcool mais toujours trop de cannabis©Fred TANNEAU / AFP

, publié le dimanche 15 novembre 2020 à 08h00

Près d'un élève de Seconde sur quatre a déjà consommé au moins une fois du cannabis en France. 

Moins de tabac et d'alcool mais une consommation toujours trop importante de cannabis. Selon une étude européenne* publiée jeudi, si les adolescents européens consomment de moins en moins de tabac et d'alcool, ils se montrent de plus en plus attirés par les drogues illicites.

Ils ont également tendance à développer de "nouvelles conduites addictives" en ligne.



Une consommation d'alcool qui reste élevée

Mené depuis 1995, le Projet européen d'enquête en milieu scolaire sur l'alcool et les autres drogues (ESPAD) a interrogé en 2019 près de 100.000 jeunes âgés de 15 à 16 ans et dans 35 pays du continent européen. S'il fait apparaître une baisse régulière de l'attrait des jeunes pour l'alcool, principalement en raison du durcissement des lois sur la vente d'alcool aux mineurs, il montre toutefois que la consommation d'alcool reste élevée. 

En moyenne, plus des trois quarts des adolescents de 15 à 16 ans ont consommé de l'alcool au cours de leur vie et près de la moitié (47%) en ont consommé au cours du dernier mois, contre 63% en 2003. "L'alcoolisation ponctuelle importante" tombe à son niveau le plus bas. Cette tendance - notamment à travers le "binge drinking" qui consiste à boire beaucoup dans un court laps de temps - avait culminé en 2007. Par ailleurs, moins de 7% des élèves reconnaissent avoir connu un état d'ébriété avant l'âge de 13 ans, avec de fortes disparités selon les pays. 

En France, 15% des élèves de Seconde ont indiqué avoir fait un usage excessif de l'alcool dans le mois écoulé. 34 % ont consommé au moins 5 verres d'alcool lors d'une même occasion au cours du dernier mois.

22% des ados français fument au moins occasionnellement 

A partir de la classe de Seconde,l'usage quotidien de la cigarette concerne 10% des jeunes de 15 à 16 ans en Europe, soit deux fois moins qu'il y a 25 ans. En France, le tabagisme quotidien est passé de 31% en 1995 à 12%. Mais les variables sont considérables d'un pays sondé à un autre : moins de 2% de jeunes fumeurs quotidiens en Islande, contre un quart des lycéens en Bulgarie, tandis que 22% des adolescents français ont fumé au moins une cigarette au cours du mois écoulé.

Pour la première fois, les chercheurs se sont également intéressés à l'utilisation de la cigarette électronique, très populaire chez les jeunes américains, et beaucoup moins en Europe. Curieusement, parmi les jeunes expliquant n'avoir jamais fumé de tabac, ils sont 14% à reconnaître avoir vapoté de la nicotine au moins une fois cours du mois écoulé. En France,16% des jeunes disent avoir utilisé cet appareil récemment, qui séduit bien plus les garçons que les filles. 

Une consommation de cannabis problématique

16% des jeunes de 15-16 ans interrogés déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois au cours de leur vie, quand ils n'étaient que 11% en 1995. La consommation fréquente (une fois par mois) est, elle aussi, significativement en hausse. La consommation jugée "problématique" s'élève à 4% des interrogés.

En France, les niveaux observés demeurent largement au-dessus de ceux mesurés ailleurs en Europe. Ainsi, 23% des jeunes français ont consommé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie et 12% ont consommé du cannabis au moins une fois au cours du dernier mois (7% pour l'Europe). 7,3% des jeunes français sont "susceptibles de présenter un risque élevé d'usage problématique". 

Concernant l'expérimentation d'au moins une autre drogue illicite, les adolescents français se situent dans la moyenne européenne (6,1% en France, 4,8% en Europe). Pour près de la moitié d'entre eux, il s'agissait de la cocaïne (2,7%). L'ecstasy est la deuxième drogue illicite la plus fréquemment expérimentée (1,7%). 

L'addiction aux jeux vidéos explose

Sous la popularité croissante des smartphones, l'addiction aux jeux vidéos est en pleine explosion chez les jeunes européens. Dans la plupart des pays, les garçons passent deux fois plus de temps à y jouer que les filles. Et sur les réseaux sociaux, le temps d'utilisation s'établit entre deux et trois heures lors d'une journée d'école ordinaire et six heures ou plus les autres jours.

Dernière tendance : les jeux d'argent et de hasard, prisés par les adolescents. 22 % des jeunes interrogés ont ainsi déclaré avoir joué à au moins un jeu au cours des 12 derniers mois, principalement à des loteries.
 

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