Le village de La Balme-de-Sillingy apprend à vivre avec le coronavirus

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Le maire de La Balme-de-Sillingy (Haute-Savoie) Francois Daviet répond à des journalistes le 28 février 2020
Le maire de La Balme-de-Sillingy (Haute-Savoie) Francois Daviet répond à des journalistes le 28 février 2020
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© AFP, Maxime PETIT

, publié le vendredi 28 février 2020 à 19h04

"On met des masques et on évite de sortir". Le village haut-savoyard de la Balme-de-Sillingy, 5.200 habitants dont six malades à ce jour du coronavirus, prend ses précautions. Sans céder à la panique.

"Globalement, la population réagit bien. On l'informe pratiquement en temps réel", affirme François Daviet, le maire. "Avec ça, je pense qu'ils prendront les précautions nécessaires".

L'édile s'attend déjà à de nouveaux cas dans les prochains jours: les six malades - tous hospitalisés à Annecy - ont "participé le 15 février à une réunion électorale qui a rassemblé 120 personnes dans la commune voisine de Mésigny" pour soutenir sa candidature à une réélection. 

M. Daviet, actuel président de la communauté de communes de Fier et Usses, est touché de près. Son propre frère et un conseiller municipal figurent parmi les malades. Alors, les agents de la ville et les élus sont invités à ne pas se serrer la main ni se faire la bise et à porter un masque de protection.

Aux administrés, la ville a distribué des courriers et envoyé des emails d'information et d'incitation aux gestes de prévention. Des affiches ont été placardées sur les murs et un panneau défilant, sur la route principale du chef-lieu, invite à s'inscrire sur le site de la mairie pour être tenu informé.

Élisabeth, croisée dans le centre-bourg, plus calme que d'habitude, "porte le masque" depuis qu'elle a entendu "qu'il y avait des cas suspects". 

"Les gens ne circulent pas beaucoup. J'ai l'impression qu'ils sont tous restés confinés chez eux", confie cette habitante, qui sans vouloir que "la psychose nous gagne" confie avoir "peur quand même". "On fait attention. On a des produits pour se laver les mains, on met des masques et on évite de sortir".

- "si ça doit arriver, ça arrive" -

L'épidémie n'a pas empêché Nicole de sortir faire ses courses, de bonne heure. "Il y a moins de monde et j'ai fait des provisions pour quelques jours", admet cette retraitée. Mais elle ne cède pas à la panique. "La Balme, c'est quand même petit, on sait qu'il y a des cas. Mais, je fais attention. Je fais ce qu'on me dit de faire".

Au bar du village, la vie continue aussi malgré le Covid-19. "On en parle, c'est normal, mais pas plus que ça", témoigne Yves, le patron. Lui, n'a pas tenté de se procurer un masque. "Si ça doit arriver, ça arrive". Il fait "confiance aux médecins" et rappelle que "les deux premiers cas sont hors de danger".

A une table, Serge, un client plongé dans les résultats du PMU, n'est pas près non plus de changer ses habitudes. "Sinon, on ne fait plus rien. Et, si tout le monde reste chez soi, les commerces ferment !"

Toutefois, qu'ils le veuillent ou non, les Balméens vont être contraints de vivre différemment. Les manifestations festives, sportives ou culturelles sont annulées pour éviter les rassemblements.

La crèche, le centre de loisirs et le relais d'assistantes maternelles ont été fermés. Les bâtiments communaux, mairie y compris, n'accueillent plus de public. Les écoles, elles, afficheront portes closes jusqu'au 14 mars inclus.

"Je ne veux pas prendre de risque. Je ferme le maximum de choses, de façon à avoir le plus de garanties possibles", fait valoir François Daviet, qui précise que "la fille du +patient zéro+ (de la Balme, ndlr) a un enfant qui a peut-être fréquenté d'autres enfants".

La municipalité, qui a encore "entre 200 et 300 masques" en réserve, a effectué une nouvelle commande. La pharmacie du village, elle, est en rupture de stock et ne sait "pas du tout" quand elle sera réapprovisionnée.

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