"Le vaccin, j'en ai peur" : rassemblements de soignants contre l'obligation vaccinale à Paris et Marseille

"Le vaccin, j'en ai peur" : rassemblements de soignants contre l'obligation vaccinale à Paris et Marseille
Manifestation contre la loi sanitaire, à Nantes, le 7 août 2021.

publié le mardi 10 août 2021 à 18h36

Les personnels des établissements de santé ou intervenants auprès de personnes fragiles ont jusqu'au 15 octobre pour présenter un schéma vaccinal complet, et jusqu'au 15 septembre pour la première dose.

Les manifestations contre la loi sanitaire se poursuivent. Plusieurs dizaines de personnels hospitaliers se sont rassemblés ce mardi 10 août à Paris et Marseille contre l'obligation vaccinale.

Pour rappel, elle concernera, dès la rentrée, les agents des établissements de santé.



"On est contre l'obligation vaccinale", a fait savoir Pascale Jourdan, secrétaire générale de la CGT des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), lors d'un rassemblement devant la Timone.

Les personnels des établissements de santé ou intervenants auprès de personnes fragiles ont jusqu'au 15 octobre pour présenter un schéma vaccinal complet, et jusqu'au 15 septembre pour la première dose.

"Chaque personne doit avoir la liberté de ne pas se faire vacciner", a aussi estimé Vincent Martin, secrétaire général adjoint du syndicat Force ouvrière (FO), devant le siège de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) avant une réunion du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) central.

Une pression des cadres ?

Ce responsable syndical a dénoncé une pression qu'exerceraient des cadres sur le personnel pour les amener à la vaccination.

"Peut-être que je perdrais ma place le 15 septembre. Mais le vaccin, j'en ai peur", a confié Yael Dos Santos, aide-soignante depuis trente ans à la Pitié-Salpêtrière et militante FO. Elle s'est dite prête à faire un test de dépistage toutes les 72 heures afin d'éviter la piqûre.

Au total, plus de 80.000 personnels de l'AP-HP ont reçu au moins une dose de vaccin sur "une cible à 100.000 personnes", a indiqué dans une déclaration transmise mardi à l'AFP Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP. La réticence est plus forte chez les aides-soignants, vaccinés à 49%, contre 94% pour les médecins, selon ces chiffres.

"Le CHSCT central de l'AP-HP s'est tenu dans un climat particulièrement constructif, avec le souci partagé d'une mise en oeuvre de la loi qui ne soit ni culpabilisante, ni stigmatisante pour les personnels", a assuré Martin Hirsch.

4e week-end de manifestations samedi

Pour le 4e week-end de manifestations contre le pass sanitaire, près de 240.000 personnes ont participé à des mobilisations organisées, deux jours avant son entrée en vigueur, samedi 7 août.

En fin d'après-midi, les autorités ont recensé 198 actions dans tout le pays, 35 interpellations ainsi que sept blessés légers au sein des forces de l'ordre.

Le ministère de l'Intérieur avait compté au moins 204.000 manifestants le 31 juillet.

Les manifestations de samedi ont eu lieu au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par le président Emmanuel Macron : "Faites-vous vacciner".

Pass sanitaire élargi depuis lundi

La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi.

Depuis lundi, il faut présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif au Covid-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés, restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels ou encore pour faire un long trajet à bord d'un avion, d'un train ou d'un car.

Toutefois, dans la foulée de la mobilisation de samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé des assouplissements dans l'application du pass sanitaire.

Désormais, "un dépistage négatif sera valide 72 heures et non plus 48 heures pour les non-vaccinés" et "il sera possible d'effectuer des autotests supervisés par un professionnel de santé, en plus des tests antigéniques et PCR. Eux aussi seront valables 72 heures", a-t-il dit dans un entretien avec le journal Le Parisien paru dimanche.

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