Le trésor du Mont Blanc toujours gelé à la banque huit ans après sa découverte

Le trésor du Mont Blanc toujours gelé à la banque huit ans après sa découverte©Pixabay
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publié le jeudi 22 juillet 2021 à 13h30

Huit ans après la découverte d'une boîte remplie de pierres précieuses sur un glacier du massif du Mont Blanc, l'homme à l'origine de cette trouvaille n'a toujours pas touché son dû, comme le rapporte Le Parisien.

En 2013, l'affaire avait fait grand bruit. Ce n'est pas tous les jours qu'un trésor est découvert sur un glacier des Alpes, comme le rapporte Le Parisien, le 22 juillet.

Huit ans plus tard, l'homme qui a mis au jour une boîte remplie de pierres précieuses (des émeraudes et des saphirs), évaluées à l'époque entre 130 000 et 246 000 euros, attend encore de pouvoir profiter de son incroyable découverte. Le fameux trésor a été remis aux gendarmes et se trouve toujours dans le coffre d'une banque de Chamonix. "C'est vrai que 8 ans, cela commence à faire long. Je n'aurais jamais pensé lors de ma découverte que j'attendrais si longtemps", confie Raphaël, 49 ans.



Le 11 août 2013, le Savoyard s'était rendu sur le glacier des Bossons, dans le massif du Mont Blanc au-dessus de Chamonix. "J'aime bien me promener sur les glaciers, tôt le matin. Je suis donc parti de chez moi vers 5 heures. Et je suis monté jusque sur la moraine du glacier. Je savais que l'on pouvait retrouver à cet endroit des débris d'avions qui se sont crashés (...) Tout à coup, je suis tombé sur une petite pierre verte qui semblait avoir été taillée", raconte-t-il dans les colonnes du média. "Quelques mètres plus moins, j'ai aperçu une boîte sans couvercle. Il y avait comme des pansements à l'intérieur. C'était en fait des dizaines de petits sachets. J'en ai ouvert un. Il y avait comme du verre cassé. Mais en y regardant de plus près, j'ai vu que toutes ces pierres étaient taillées. Sur certains sachets, il y avait les inscriptions Saphir, Made in India. Cela m'a conforté dans le fait qu'il s'agissait de pierres précieuses", se remémore-t-il.

Des héritiers introuvables

Le trésor provient vraisemblablement du Boeing 707 d'Air India qui, le 24 janvier 1966 s'est écrasé à 4 700 m d'altitude, sur les pentes du mont Blanc, faisant 117 morts, souligne Le Parisien. Après avoir ramené le butin à la gendarmerie, c'est le parquet d'Albertville qui est saisi de l'affaire. À l'époque, une enquête préliminaire est ouverte pour tenter d'identifier le propriétaire des pierres, ou en tout cas leurs héritiers. Mais fin 2013, le procureur classe le dossier sans suite, considérant que c'est aux services de la préfecture de Haute-Savoie, département où se trouve le glacier des Bossons, de rechercher le propriétaire des pierres. Le trésor est donc remis par les gendarmes à la mairie de Chamonix, commune où il a été découvert. Et les pierres précieuses placées dans le coffre d'une banque de la ville.

Depuis, il y dort donc encore. Or, selon l'article 716 du Code civil, si le propriétaire d'un trésor n'est pas retrouvé, celui-ci appartient pour moitié au découvreur et pour l'autre moitié à la commune où il a été trouvé. Raphaël a donc pris un avocat pour faire valoir ses droits. Auprès du Parisien, le maire de Chamonix dit ne pas être responsable de toutes ces années d'attente : "Plusieurs dizaines de personnes nous ont contactés en se revendiquant comme les héritiers du propriétaire de ces pierres. Certaines demandes étaient baroques. Il a donc fallu que l'État vérifie la réalité de ces affirmations. Cela a pris du temps. Or, je peux vous révéler que toutes ces vérifications n'ont pas permis d'identifier un quelconque héritier de ces pierres". Le trésor doit donc maintenant être partagé entre Raphaël et la mairie de Chamonix.

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