Le Service de santé des armées se trouve "dans une situation critique", selon un rapport du Sénat

Le Service de santé des armées se trouve "dans une situation critique", selon un rapport du Sénat
Un militaire patrouillant devant l'hôpital militaire de campagne de Mulhouse, le 25 mars 2020.

, publié le mardi 23 juin 2020 à 16h37

La loi de programmation militaire 2019-2025 a prévu l'arrêt de la réduction des effectifs, et même une légère remontée à partir de 2023. "Insuffisant", selon les sénateurs.

Mis à mal par une diminution de ses moyens, le Service de santé des armées (SSA) se trouve dans une "situation critique", alors qu'il est engagé auprès des militaires français en opérations extérieures, mais également auprès de la population dans la lutte contre la pandémie de coronavirus, souligne mardi 23 juin un rapport sénatorial.

"Pris en tenaille entre la diminution de ses moyens et l'augmentation de ses missions, le SSA est aujourd'hui dans une situation critique", soulignent les co-auteurs du rapport, Jean-Marie Bockel et Christine Prunaud, en demandant "une réévaluation de ses moyens" à l'occasion de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) prévue en 2021. "Avec moins de 15.000 personnes et 1,4 milliard d'euros de budget, le SSA a perdu 1.600 postes en 5 ans et il manque au moins 100 médecins", souligne la sénatrice Christine Prunaud, notant que le service "ne 'tourne' aujourd'hui que grâce à ses 3.000 réservistes".


Or, malgré ces coupes claires, les personnels du SSA sont très fortement sollicités pour "accompagner l'engagement intense en opérations des armées françaises", notamment au Sahel, relève le rapport. Ainsi, note-t-il, les équipes chirurgicales du service ont été projetées en opérations deux fois plus souvent que prévu l'an passé. 

Outre le soutien médical des forces armées, qui constitue sa mission première, "le SSA a fourni une contribution significative à l'opération Résilience" chapeautant les moyens militaires mobilisés pour aider la France à faire face à la crise sanitaire : accueil de patients dans les hôpitaux d'instruction des armées (HIA), création ad hoc et déploiement d'un service de réanimation sous tente (EMR) à Mulhouse puis à Mayotte, ou encore transfert par voie aérienne de malades grâce au service de réanimation volant Morphée.


Une mobilisation d'autant plus remarquable que le SSA "ne représente que 1% de l'offre de soins en France", souligne le rapport. Ce soutien à un système de santé civil sous tension vaudra au SSA d'être particulièrement mis à l'honneur lors de la cérémonie militaire du 14 Juillet à Paris. 

"La loi de programmation militaire 2019-2025 a prévu l'arrêt de la déflation des effectifs du SSA, puis leur stabilisation jusqu'en 2023, et enfin leur remontée, modérée, au-delà", mais "cela paraît insuffisant", fait valoir le sénateur Jean-Marie Bockel, en suggérant également des mesures "pour permettre de fidéliser des personnels sur-engagés et attirer des personnels civils" au sein du SSA.

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