Le restaurant "Le Petit Cambodge" squatté par un collectif anti "gentrification"

Le restaurant "Le Petit Cambodge" squatté par un collectif anti "gentrification"
Le restaurant Le Petit Cambodge, en 2016 (illustration)

, publié le mardi 29 décembre 2020 à 16h50

Des artisans de l'historique rue Sainte-Marthe, dans le Xe arrondissement de Paris, avaient déjà manifesté contre les risques de spéculation dans le quartier.

Les occupants d'un local du restaurant parisien le Petit Cambodge, célèbre pour avoir été l'une des cibles des attentats du 13 novembre 2015, sauront la semaine prochaine s'ils sont expulsés, a décidé le tribunal judiciaire de Paris, mardi 29 décembre.

Saisie en référé, la justice s'est penchée mardi sur la situation du restaurant dont le nom est devenu synonyme des attaques jihadistes qui ont fait 130 morts dans la capitale et à Saint-Denis: quinze d'entre eux ont péri dans cet établissement de la rue Alibert, dans le Xe arrondissement. Depuis la mi-novembre, des locaux proches, dans lesquels le Petit Cambodge envisage depuis la fin 2015 d'ouvrir une annexe, sont occupés par un collectif militant qui y héberge des sans-abris et des personnes isolées.

Ce collectif a expliqué que sa volonté n'avait "jamais été de (s')attaquer au Petit Cambodge mais tout simplement d'occuper un local abandonné pendant cinq ans et de répondre aux besoins du quartier".

Dans un communiqué publié avant l'audience, il a déploré la "gentrification" du quartier au profit de "spéculateurs", de la plateforme AirBnb ou de "restaurants de luxe et bobo".

Des artisans de l'historique rue Sainte-Marthe avaient déjà manifesté en janvier 2020 contre les risques de spéculation dans le quartier. "Le Petit Cambodge, ce n'est pas McDonald's, c'est un petit restaurant de quartier", leur a rétorqué mardi à l'audience l'avocate du restaurant, Marine Rogé. "C'est 38 salariés", a-t-elle poursuivi. "Aujourd'hui, "on paye le loyer pour permettre à ces personnes (les occupants, ndlr) d'organiser des grands débats, des fêtes... on paye 5.682 euros par mois de remboursement d'emprunt, 4.500 euros de loyer...", a-t-elle affirmé, en expliquant que la survie de l'entreprise était en jeu et en fustigeant une "occupation politique".

L'avocate des occupants a pour sa part mis en doute la réalité des travaux effectués dans ce local que le restaurant loue depuis décembre 2015. "J'ai tout un quartier qui me dit que, de temps en temps, depuis cinq ans, un ouvrier arrive, et puis plus rien", a-t-elle plaidé. "Ça fait cinq ans que tout le monde est en train d'attendre cette ouverture de restaurant et qu'elle ne vient pas". Le tribunal rendra sa décision le 4 janvier.

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