Le Rafale, un fleuron défendu bec et ongles par Serge Dassault

Le Rafale, un fleuron défendu bec et ongles par Serge Dassault
Serge Dassault le 11 juin 1999 devant un Rafale au salon aéronautique du Bourget

AFP, publié le lundi 28 mai 2018 à 20h24

Serge Dassault, décédé lundi à l'âge de 93 ans, a défendu bec et ongles le Rafale, fleuron de l'aéronautique militaire française, malgré les difficultés d'un programme qui a mis longtemps à séduire avant de devenir un succès à l'export.

"On a le meilleur avion du monde, le Rafale, et on a un bon système d'armes, on a des discussions en cours, ça va venir", assurait-il au cours d'une émission télévisée en 2011, alors que l'avion de combat était encore considéré comme un échec commercial. 

Utilisé par l'armée de l'air française depuis 2004, le Rafale a trouvé pour la première fois preneur à l'export en 2015 au Qatar et en Egypte. Chaque pays avait acquis 24 appareils.

En mars dernier, le groupe a annoncé la levée d'une option de 12 Rafale par le Qatar, portant à 36 le nombre d'appareils qui seront opérés par l'armée de l'air de ce pays.

En septembre 2016, l'Inde a en outre conclu l'achat de 36 avions de combat Rafale.

L'aventure du Rafale en Inde a débuté en 2007 par l'appel d'offres lancé par New Delhi pour l'acquisition de 126 appareils.

Le Rafale s'était imposé face à l'Eurofighter Typhoon et au Gripen de Saab, les américains F-16 de Lockheed-Martin et F-18 de McDonnell Douglas, et le Mig-35 russe.

Mais le Rafale a aussi connu des revers, comme lorsque le Brésil avait préféré acquérir en 2013 le moins cher et plus rustique Gripen. Le coût du Rafale à l'export a été évalué à environ 100 millions d'euros l'unité.

Capable de mener différentes missions au cours d'un même vol, le Rafale est qualifié pour des opérations de défense aérienne, de bombardement stratégique et d'appui au sol, de lutte anti-navires et de reconnaissance aérienne.

Il est également le vecteur de la dissuasion nucléaire aéroportée française. Déployé dès 2007 en Afghanistan, il a été le premier appareil à intervenir en Libye en 2011, avant d'être engagé au Mali en 2013 dans le cadre de l'opération Serval.

L'appareil de 10 tonnes est le seul à pouvoir emporter 1,5 fois son poids en armements et carburant.

Sur le plan de l'armement, il dispose d'un système polyvalent: canon de 30 mm pour le combat aérien et l'appui au sol, missiles air-air, bombes guidées laser, et missiles de croisière.

Dessiné en forme d'aile delta avec un empennage "canard" rapproché (des ailerons à l'avant de l'appareil), le Rafale est considéré comme "discret" avec une faible "signature radar" grâce aux matériaux composites. Il peut voler à Mach 1,8 (2.200 km/h) et décoller sur 400 mètres, avec un rayon d'action à haute altitude de 1.850 km.

Monoplace ou biplace, il est destiné à l'armée de l'air et à la marine et peut opérer depuis le porte-avions français Charles-de-Gaulle. Il est aussi le seul appareil militaire non-américain autorisé à opérer depuis des porte-avions des États-Unis.

Construit en collaboration par Dassault Aviation, qui supervise 60% de la valeur de l'avion, l'électronicien Thales (22%) et le motoriste Safran Aircraft Engines (ex-Snecma, 18%) qui fournit le moteur M-88 de nouvelle génération, le Rafale est destiné à être l'avion de combat français jusqu'en 2040.

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