Le profil complexe de l'assaillant de La-Chapelle-sur-Erdre

Le profil complexe de l'assaillant de La-Chapelle-sur-Erdre
La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique), le 28 mai 2021.

publié le samedi 29 mai 2021 à 13h13

Abattu par la police après qu'il a attaqué une policière municipale et séquestré une jeune femme, l'assaillant de La-Chapelle-sur-Erdre était un multirécidiviste âgé de 39 ans, radicalisé et diagnostiqué comme schizophrène. 

Au lendemain de l'attaque de La-Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes (Loire-Atlantique), la commune est encore sous le choc. Un mois après l'attaque de Rambouillet, les forces de l'ordre ont de nouveau été ciblées.

Vendredi 28 mai, un homme a attaqué une policière municipale de 47 ans, avant de fuir avec son arme et de se réfugier pendant 2H30 chez une jeune femme. Il a finalement été abattu par la police. 



Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre sur la policière municipale et sur des gendarmes, et séquestration de la jeune femme, a annoncé vendredi soir Pierre Sennès, le procureur de la République de Nantes, lors d'une conférence de presse. Une qualification pénale "en lien avec le terrorisme" pourrait toutefois être retenue au gré de l'avancement de l'enquête. L'homme était en effet fiché pour radicalisation.

Fiché et "possédé par le mal"

Mais le profil de l'assaillant, âgé de 39 ans, est bien plus complexe que cela. Cet individu français né en France avait été condamné à plusieurs reprises pour des vols à mains armées, il venait notamment de purger une peine de huit ans de prison et avait été libéré le 22 mars dernier, en fin de peine, mais jamais pour des faits de nature terroriste.

Lors de son incarcération, l'administration pénitentiaire a néanmoins remarqué des signes de radicalisation : isolement des autres détenus, pratique rigoriste de l'islam... Il avait été inscrit en 2016 au fichier des signalements de la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Il n'était néanmoins pas fiché S. 

La même année, il avait été diagnostiqué "schizophrène sévère". Il se disait entre autres "possédé par le mal". A sa sortie de détention, l'homme avait fait l'objet d'un suivi socio-judiciaire, notamment avec une obligation de soins. Il avait notamment été placé dans un appartement thérapeutique, et suivi par une association spécialisée pour son état de santé psychiatrique. "Cet individu participait activement au suivi judiciaire", selon le procureur.

"Le système dans l'incapacité d'identifier le mal dont il souffrait"

Auprès de BFMTV, son ancien avocat, Me Vincent de la Morandière, qui l'a défendu dans plusieurs dossiers, assure samedi matin ne pas être surpris des faits qui lui sont reprochés. "J'ai pu constater au fur et à mesure de son parcours carcéral qu'il s'isolait, qu'il était habité par un sentiment profond d'injustice." "En 2010, c'était un jeune très discret, taiseux. Vers 2015-2017, il a basculé vers l'isolement", détaille-t-il. "C'est quelqu'un qui cherchait l'explication de son mal-être dans l'expression religieuse", estime-t-il. 


Néanmoins, avant sa longue incarcération, ses troubles psychiatriques n'ont jamais été mis en cause. "Il passe 19 fois devant les juridictions et l'aspect psychologique ne ressort pas", explique le conseil. "Une expertise réclamée en 2013 conclut qu'il n'y a pas de dangerosité, ni de problème de l'ordre de la psychose", rapporte Me de la Morandière, selon qui "le système répressif a été dans l'incapacité d'identifier le mal dont il souffrait."


L'avocat estime pour autant qu'"il n'y a pas eu de faille au niveau de la justice car elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire".  "Il n'a connu que des peines de prison ferme" qu'il a toujours exécutées, insiste-t-il. 
 

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