Le procès des attentats du 13-Novembre va durer neuf mois

Le procès des attentats du 13-Novembre va durer neuf mois
La salle d'audience spéciale construite au palais de justice de Paris.

publié le mercredi 08 septembre 2021 à 08h00

REPÈRES. Le procès des attaques qui avaient fait 130 morts s'ouvre ce mercredi 8 septembre à Paris et devrait durer jusqu'au 25 mai. 

Neuf mois pour juger les pires attentats commis sur le sol français et tenter de comprendre l'horreur. 




Le président de la cour d'assises spécialement composée, Jean-Louis Périès, doit déclarer les débats ouverts mercredi 8 septembre à 12h30. En raison du très grand nombre de victimes, la cour procédera d'abord et pendant deux jours à l'appel des près de 1.800 parties civiles constituées.

Elle examinera d'éventuelles nouvelles constitutions, avant de faire l'appel de plus d'une centaine de témoins. 

Le troisième jour, le président fera la lecture de son rapport, résumant les quelque 500 tomes du dossier. 

Les premiers témoins sont attendus à la barre à partir du lundi 13 septembre. Ils donneront une vue d'ensemble de la tentaculaire enquête franco-belge et des premiers éléments recueillis sur les neuf scènes de crime des attentats.

Après cette présentation générale, la cour doit entendre, à partir du 28 septembre et pendant cinq semaines, les témoignages des rescapés et des proches des victimes des attentats, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Saint-Denis et Paris. 

Le président a prévu une demi-heure par prise de parole, soit quatorze auditions par jour environ. Selon un calendrier qui peut être évolutif, une semaine est vouée aux récits des attaques au Stade de France et sur les terrasses, quatre semaines au massacre du Bataclan.

À l'issue de ces auditions, la cour interrogera pour la première fois les 14 accusés présents - les six autres sont jugés par défaut - sur leur personnalité et leur parcours, sans évoquer à ce stade les faits.

Le 10 novembre, l'ancien président de la République François Hollande est attendu pour témoigner au palais de justice, sous très haute sécurité. Le soir du 13 novembre 2015, François Hollande avait quitté précipitamment le Stade de France, où il assistait à la rencontre amicale France-Allemagne, avant de décréter dans la nuit l'état d'urgence. L'ex-chef de l'Etat devrait également être questionné sur la politique étrangère de la France. Son ancien ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve doit témoigner le 17 novembre, après une brève suspension du procès pour le sixième anniversaire des attentats.

À partir de la mi-novembre, les débats feront une large place aux enquêteurs français et belges, en plusieurs phases. La cour remontera d'abord la piste des commandos projetés par le groupe État islamique (EI) depuis la Syrie et qui ont rejoint l'Europe par la route des migrants. Elle s'intéressera à leur parcours en Belgique. Dans un deuxième temps, à partir de février 2022, elle retracera la logistique des attentats et le rôle de chacun des accusés, les ultimes préparatifs des attaques et la traque de leurs auteurs.

Salah Abdeslam parlera-t-il ? C'est l'une des interrogations de ce procès. Resté quasiment muet pendant l'instruction, le seul membre encore en vie des commandos, s'exprimera-t-il au procès ? Il faudra attendre son premier interrogatoire sur les faits, prévu les 13 et 14 janvier 2022.

Début janvier, au retour d'une suspension de quinze jours pour les vacances de fin d'année, c'est le Belgo-Marocain Mohamed Abrini, l'homme au chapeau des attentats de mars 2016 à Bruxelles, qui sera le premier des accusés à être questionné. Tous doivent être réinterrogés à plusieurs reprises, courant février et mars 2022, sur les actes préparatoires des attentats. 

Les quelque 300 avocats de parties civiles doivent commencer à plaider le 6 avril et jusqu'au 22. Puis le parquet national antiterroriste (Pnat) dira quelles peines il sollicite à l'encontre des vingt accusés (douze encourent la perpétuité), lors d'un réquisitoire à trois voix prévu du 2 au 5 mai. La défense aura la parole du 6 au 23 mai.
 
Au terme de neuf mois d'audience, la cour d'assises spéciale doit rendre son verdict, et en expliquer les principales motivations. La lecture du délibéré est prévue les 24 et 25 mai 2022. 

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