Le procès des attentats de janvier 2015 a repris après un mois d'interruption

Le procès des attentats de janvier 2015 a repris après un mois d'interruption
La cour au Tribunal de Paris lors du procès des attentats de janvier 2015, le 16 septembre 2020

, publié le mercredi 02 décembre 2020 à 12h23

Le procès des attentats de janvier 2015, suspendu depuis un mois à cause de la crise sanitaire, a repris mercredi en présence du principal accusé, Ali Riza Polat, déclaré "apte" par les médecins à participer à l'audience malgré ses protestations.

Les traits tirés et la barbe fournie sous son masque en tissu, Ali Riza Polat, diagnostiqué positif fin octobre au Covid-19, a pris place en dernier dans le box vitré aux côtés de ses co-accusés, devant une salle comble.

Dès la reprise de l'audience, le président de la cour d'assises spéciale de Paris Régis de Jorna est longuement revenu sur l'état de santé de M. Polat, en assurant qu'il avait été jugé "apte tant sur le plan médical que sanitaire" à assister à l'audience par les médecins.

"Emmenez-moi à l'hôpital, c'est tout ce que je vous demande !", a protesté l'accusé, doudoune noire et pantalon de survêtement, en buvant de l'eau à plusieurs reprises puis en crachant de manière ostensible et bruyante dans une bassine posée à ses pieds.

"Tous les examens cliniques et biologiques sont normaux. Il refuse de prendre un antivomitif, le Primpéran, le médicament le plus classique. On est sur une simulation depuis le départ", a estimé l'un des avocats de parties civiles, Me Méhana Mouhou.

Un avis soutenu par l'avocate générale. "S'il refuse son traitement, c'est son choix, mais ce n'est pas à nous d'en tirer les conséquences (...) Il ne faut pas laisser à l'accusé le choix de la tenue ou non des débats", a-t-elle souligné.

L'un des avocats de M. Polat a estimé que l'expert ne prenait pas en compte les "problèmes génétiques" de l'accusé. "Nous demandons encore une fois que M. Polat soit examiné correctement", a-t-il insisté, tout en précisant ne pas s'opposer à la reprise de l'audience.

Le procès avait été suspendu le 31 octobre après la découverte de trois cas de contamination parmi les accusés, dont M. Polat, présenté comme le "bras droit" du tueur de l'Hyper Cacher Amédy Coulibaly et jugé pour "complicité" de crimes terroristes.

Quatorze personnes au total sont jugées par la cour d'assises spéciale depuis le 2 septembre, dont trois en leur absence. Elles sont accusées à des degrés divers de soutien aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly, auteurs des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher, qui ont fait 17 morts.

Le verdict est prévu le 16 décembre.

vab/pa/dch  

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