Le procès de l'affaire Mila s'ouvre, 13 jeunes prévenus devant les juges

Le procès de l'affaire Mila s'ouvre, 13 jeunes prévenus devant les juges
(illustration)

publié le jeudi 03 juin 2021 à 07h55

La jeune femme, aujourd'hui âgée de 18 ans, vit sous protection policière après avoir critiqué l'islam dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux. Le procès s'ouvre jeudi 3 juin.

Des vidéos devenues virales, suivies d'un déferlement de haine en ligne: treize personnes doivent être jugées jeudi à Paris pour avoir participé au harcèlement de l'adolescente Mila, parfois accompagné de menaces de mort, après sa publication d'une vidéo polémique sur l'islam. 

Les prévenus, âgés de 18 à 30 ans, sont tous renvoyés devant le tribunal correctionnel pour harcèlement en ligne. Certains seront également jugés pour menaces de mort, et pour l'un d'eux menace de crime.

Deux d'entre eux ont formulé des demandes de renvoi, qui seront examinées à l'ouverture de l'audience jeudi à 13h30, a-t-on appris auprès de plusieurs avocats.

"Ce procès est celui de la terreur numérique qui déchaîne des meutes sexistes, homophobes, intolérantes contre une adolescente", estime Richard Malka, l'avocat de Mila, victime de "raids" sur Internet après deux vidéos sur l'islam en janvier puis novembre 2020.

La jeune femme, qui vient de fêter ses 18 ans et qui publie le 23 juin un livre sur cette affaire, sera présente à l'audience, indique Me Malka.  Pour l'avocat, qui rappelle que Mila n'a fait "qu'exercer un droit", celui de blasphémer, le procès est aussi "celui de 13 personnes, sans histoire, qui, cachées derrière leur écran et leur pseudonyme, ont souhaité broyer le crâne et lacérer le corps d'une mineure devenue leur bouc émissaire". "Ce lynchage numérique doit être sanctionné", considère Me Malka. 

Le délit de cyberharcèlement reconnu depuis 2018

"Sur plusieurs milliers de tweets, on a identifié quelques-uns (des auteurs) et ce sont ceux-là qui sont poursuivis (...) On fait assumer à celui qui a fait un tweet la totalité des menaces des autres", s'inquiète de son côté Gérard Chemla, l'avocat d'un des prévenus. 

Ce dernier a, selon son conseil, eu "une réaction assez sotte et épidermique, comme il y en a tous les jours sur Twitter". "Mon client est complètement dépassé par cette affaire là", assure Me Chemla. Un autre avocat de la défense, Marc Bailly, dénonce "la violence de la procédure", destinée selon lui à mettre "un coup de lumière" sur l'infraction de cyberharcèlement, "qui est nouvelle". 

Depuis 2018, ce délit peut être constitué dès lors que plusieurs personnes s'en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée.  Les treize jeunes hommes et femmes jugés jeudi sont renvoyés en majorité pour un seul message parmi les milliers d'insultes et menaces reçues par Mila à l'automne via les réseaux sociaux.
 

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