Le procès Charlie a repris jeudi après une nouvelle suspension de quelques heures

Le procès Charlie a repris jeudi après une nouvelle suspension de quelques heures
Croquis d'audience au Tribunal de Paris lors du procès des attentats de janvier 2015, le 16 septembre 2020 à Paris

, publié le jeudi 03 décembre 2020 à 15h42

Le procès des attentats de janvier 2015, de nouveau suspendu quelques heures jeudi en raison de l'état de santé du principal accusé, a finalement repris dans l'après-midi, les examens effectués à l'hôpital n'ayant pas mis en lumière de "problème particulier".

"Ce qui ressort de l'ensemble, c'est que jusqu'à ce matin, il n'y a pas de problème particulier, outre ce problème de régurgitations", a souligné le président de la cour d'assises spéciale de Paris Régis de Jorna, en présence de l'accusé, Ali Riza Polat.

"On est quand même rassuré dans la mesure ou vous n'avez pas été hospitalisé à l'issue de la consultation", a poursuivi le président, en précisant qu'"aucun traitement particulier" n'avait été donné à l'accusé, qui dit souffrir de nausées.

Régis de Jorna avait décidé jeudi matin de suspendre l'audience jusqu'en début d'après-midi, en estimant que M. Polat, qui a passé la nuit en auscultation à l'hôpital Cochin après s'être à nouveau plaint de maux de ventre, n'était "pas en mesure de suivre" le procès.

M. de Jorna avait en revanche exclu une nouvelle suspension, en l'absence de contre-indication médicale.

Ali Riza Polat, seul des accusés présents devant les assises spéciales à être jugé pour "complicité" de crimes terroristes, a été testé positif au Covid-19 le 31 octobre en compagnie de deux de ses coaccusés, entraînant une interruption des débats.

Cette suspension a été prolongée à plusieurs reprises, ce Franco-turc de 35 ans étant victime de troubles digestifs persistants. Une expertise médicale a fini par conclure qu'il était "apte" à assister au procès, en précisant qu'il refusait de prendre son traitement anti-vomitif.

"Vous dites que je prends pas le traitement, c'est faux! Le traitement je le prends en cachette!", a protesté jeudi Ali Riza Polat, assurant avoir demandé dans la nuit à l'hôpital d'être définitivement soigné pour ses nausées: "j'ai dit +piquez-moi tout ce que vous voulez+, je m'en fous!"

Mercredi, M. Polat a multiplié les interventions intempestives durant l'audience, contestant le diagnostic des médecins et invectivant la cour, tout en crachant en permanence dans une bassine posée à ses pieds. Ces incidents ont finalement conduit à son expulsion.

Désormais, "vous n'aurez plus la parole jusqu'aux derniers mots des accusés", a tancé jeudi Régis de Jorna, qui a prévenu qu'il entendait mener le procès "jusqu'au bout".

"Tout abus de langage, toute insulte, tout mot déplacé, ce sera une expulsion. C'est clair et c'est net", a prévenu le magistrat, avant de céder la parole aux avocats de parties civiles pour la suite de leurs plaidoiries.

Quatorze personnes au total sont jugées par la cour d'assises spéciale, dont trois en leur absence. Elles sont accusées à des degrés divers de soutien aux auteurs des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher, qui ont fait 17 morts.

Le procès, qui s'est ouvert le 2 septembre, devait initialement prendre fin le 10 novembre. Avec le nouveau calendrier, les réquisitions doivent intervenir les 7 et 8 décembre, et le verdict le 16 décembre.

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