Le gazole à un niveau record : quelle évolution des prix des carburants ces dix dernières années ?

Le gazole à un niveau record : quelle évolution des prix des carburants ces dix dernières années ?
Photo d'illustration.

publié le lundi 18 octobre 2021 à 13h03

Avec deux centimes d'euros supplémentaires, le prix du litre de gazole se rapproche de celui de 2012, un record qui avait poussé le gouvernement de l'époque à baisser la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

Une tendance toujours à la hausse. Les principaux carburants routiers vendus en France ont continué à augmenter ces derniers jours.

Avec 2 centimes de plus à la pompe la semaine dernière, le gazole atteint de nouveaux records, selon les chiffres officiels du ministère de la Transition écologique diffusés lundi 18 octobre. Les prix à la pompe suivent les cours du baril de pétrole, qui ont nettement rebondi avec la reprise économique mondiale et l'offre toujours limitée de certains pays producteurs.



Dans le détail, le litre de gazole valait en moyenne 1,5583 euro, contre 1,5354 euro la semaine précédente, atteignant de nouveaux sommets historiques. L'essence SP 95 a pour sa part atteint 1,6567 euro le litre en moyenne, selon ce pointage hebdomadaire au vendredi 15 octobre. Elle a également progressé d'un peu plus de 2 centimes sur la semaine précédente, au plus haut depuis près de 10 ans, sans toutefois battre le record de 2012 (1,6664 euro). Le SP 95-E10 a également progressé dans les mêmes proportions à 1,6287 euro, à son plus haut historique. 

L'évolution des prix à la pompe ces dix dernières années 

La décennie 2010 s'est ouverte sur un litre de gazole à 1,06 euro de moyenne, et 1,26 pour le SP95, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique, qui publient ces données historiques sur son site internet.

Les prix sont montés jusqu'à provoquer tensions et intervention du gouvernement à l'été 2012 : une baisse temporaire de la TICPE  - la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, qui fait suite à la TIPP, taxe intérieure sur les produits pétroliers - de trois centimes, accompagnée d'un effort des industriels. Pour rappel, en août 2012, le prix moyen de l'essence avait presque atteint 1,65 euro par litre, et le gazole près de 1,46 euro.

A partir de l'automne 2016, les prix repartent à la hausse. Le gazole grimpe de moins de 1,12 euro/L fin septembre 2016, à plus de 1,53 euro mi-octobre 2018, ce qui avait participé au déclenchement du mouvement des gilets jaunes. Les prix se sont maintenus à des niveaux élevés pendant plusieurs mois : toujours selon les chiffres du ministère, le gazole a atteint près de 1,49 euro/L la semaine du 24 mai 2019, le SP 95 plus de 1,59 euro/L.

La chute des prix est survenue en 2020 avec la crise économique liée à la pandémie de Covid-19. En quatre mois seulement, entre mi-janvier et mi-mai 2020, le litre de gazole passe de 1,49 euro à moins de 1,16 euro, et celui de SP95 d'un peu moins de 1,55 euro à 1,23 euro.

Quelle est l'évolution pour les taxes ?  

Selon les données de l'Union française des industries pétrolières, qui décortique chaque semaine la composition des prix des carburants, les taxes (TICPE et TVA) comptent actuellement pour un peu moins de 60 % du prix du litre de SP95, et un peu plus de 56 % pour le gazole.Depuis 2013, le rattrapage dans la fiscalité entre les deux carburants est rapide : la taxe intérieure sur la consommation de gazole a augmenté trois fois plus vite que celle sur l'essence.

Pour le reste, le prix du pétrole brut représentait environ 31 % du prix total pour l'essence, un tiers pour le gazole. Quant aux coûts de distribution, ils revenaient plus au moins à 10 % du prix à la pompe: de l'ordre de 1 à 2 centimes par litre.
La TICPE, hors modulations régionales, est gelée depuis 2018 pour le gazole (59,40 centimes par litre) et le SP95-E5 (68,29 centimes). 

Vers le recours un chèque carburants 

Pour faire face à la flambée des prix du carburant, le gouvernement a annoncé à plusieurs reprises qu'il réfléchissait à la mise en place d'un dispositif.  "Il y aura une action de court terme", a affirmé vendredi le président Emmanuel Macron.

Les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et de la Transition écologique Barbara Pompili ont dit lundi préférer la mise en place d'un dispositif de type chèque carburant à une baisse de taxes, ce qui avait été choisi en 2012.  "On essaie encore de trouver le moyen de toucher les bonnes personnes", mais "on n'a pas aujourd'hui, comme pour le chèque énergie, une base de données de toutes les personnes qui pourraient en avoir besoin", a expliqué Barbara Pompili.

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