Le président du CFCM "ne souhaite pas" que les caricatures de Mahomet soient à nouveau montrées dans les écoles

Le président du CFCM "ne souhaite pas" que les caricatures de Mahomet soient à nouveau montrées dans les écoles
Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui le 22 mars 2019 à Paris.

, publié le mardi 27 octobre 2020 à 10h57

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui estime qu'il y a "d'autres moyens d'expliquer le respect mutuel, le respect des libertés des uns et des autres" que de montrer des caricatures de Mahomet.




Face à la campagne de boycott visant les produits français après les propos d'Emmanuel Macron appelant à ne pas renoncer à la caricature, Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé lundi 26 octobre les musulmans de l'Hexagone à "défendre l'intérêt" de la France, "grand pays où les musulmans ne sont pas persécutés". "Les musulmans de France doivent défendre les intérêts de notre pays et ces appels au boycott n'ont pas lieu d'être", a-t-il rappelé mardi matin sur RMC. 




"L'expression du président de la République a été déformée et instrumentalisée. Il a précisé qu'il n'a jamais appelé à caricaturer, il est juste dans son rôle de rappeler le droit, celui de la liberté de caricaturer.

Il n'a pas demandé aux gens de publier des caricatures", a précisé Mohammed Moussaoui. 

"Le devoir de la fraternité nous impose à tous de renoncer à certains droits"

Le représentant du CFCM a néanmoins regretté la projection de caricatures sur certains bâtiments publics comme à Montpellier, présentée comme un hommage à Samuel Paty, l'enseignant décapité à Conflans-Sainte-Honorine après avoir montré des caricatures de Mahomet en classe. "C'est vécu comme une provocation. La liberté d'expression est là mais la volonté d'offenser n'a pas lieu d'être dans un pays qui prône la fraternité", a-t-il estimé. 

Auprès de Franceinfo, Mohammed Moussaoui a par ailleurs affirmé qu'il ne "souhaitait pas" que les caricatures de Mahomet soient à nouveau montrées dans les écoles. "Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d'expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d'autres moyens de le faire. Il y a d'autres moyens d'expliquer le respect mutuel, le respect des libertés des uns et des autres. A cet âge-là, il faut respecter le sentiment de ces enfants", a-t-il estimé.  

"Entre la liberté d'expression et la volonté délibéré d'offenser les sentiments des musulmans il y a le devoir de fraternité et de responsabilité", a-t-il insisté. "Le devoir de la fraternité nous impose à tous de renoncer à certains droits pour que la fraternité règne dans notre pays", a encore dit le responsable musulman. "Je n'appelle pas à l'interdiction mais il y a une manière de faire et un encadrement de ce droit qui existe. Il faut tenir compte du contexte dans lequel ce droit s'exerce", a-t-il également dit sur RMCMohammed Moussaoui appelle également les musulmans à "ignorer de façon définitive les caricatures", "comme l'a fait le prophète Mahomet, insulté et caricaturé de son vivant. Il n'a jamais répondu aux provocations et c'est l'attitude que devraient avoir les musulmans de France".

"Apprendre la liberté d'expression à l'école, c'est absolument fondamental", lui a au contraire répondu la ministre du Travail Elisabeth Borne mardi matin sur Franceinfo.

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