Le président des Hautes-Alpes condamné pour avoir offert une queue de loup

Le président des Hautes-Alpes condamné pour avoir offert une queue de loup
Photo d'illustration

, publié le vendredi 12 mars 2021 à 13h30

Le cadeau n'a pas été apprécié par le tribunal correctionnel de Gap qui a condamné Jean-Marie Bernard à 10.000 euros d'amende dont 5.000 avec sursis.

L'intéressé évoque une "boutade à vocation politique".

Le président (LR) du conseil département des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, a été condamné vendredi 12 mars à 10.000 euros d'amende, dont 5.000 avec sursis. Il était jugé par le tribunal correctionnel pour avoir offert une queue de loup, espèce protégée, à l'ancienne préfète du département, le 21 février 2020. "Cette condamnation pénale, c'était le plus important", a réagi auprès de l'AFP à la sortie de l'audience Catherine Bouteron, la référente loup à la Société alpine de protection de la nature, l'une des associations plaignantes, se disant "très contente" de la décision du tribunal.


"Je trouve un peu abusif de me retrouver condamné pour des faits que je n'ai pas commis", a dit à l'AFP Jean-Marie Bernard qui estime que son geste était une "boutade à vocation politique." "Ce qui m'intéresse, c'est de faire avancer les solutions pour améliorer le sort des éleveurs par rapport à la prédation du loup", a-t-il ajouté à la sortie du tribunal. 

"Pression médiatique, environnementale et émotionnelle"

"Je déplore cette décision rendue sous la pression de groupuscules environnementalistes extrémistes qui sont déconnectés de la réalité des territoires et des problématiques des professionnels du monde rural", ajoute-t-il dans un communiqué. Son avocat Philippe Neveu a lui déploré "la pression médiatique, environnementale et émotionnelle, très forte dans ce dossier."Le président des Hautes-Alpes avait remis le 21 février 2020 cet appendice de l'animal à la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer lors de sa cérémonie de départ et avait alors revendiqué un "acte politique" pour soutenir les éleveurs. Il y voit une "iniquité de traitement" avec, par exemple, une militante Femen visée pour exhibition sexuelle "relaxée par la Cour de cassation pour le caractère politique de son geste" en février 2020.

"Un acte de braconnage"

"Le caractère politique de sa démarche aurait dû être une cause exonératoire de sa responsabilité", estime Philippe Neveu, "de notre point de vue c'est un petit peu incompréhensible". Pour Catherine Bouteron, de la Société alpine de protection de la nature, il s'agit ni plus ni moins d'un acte de braconnage. Les associations plaignantes, parties civiles, bénéficient chacune d'un dédommagement de 600 euros, plus 500 de frais de justice.

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