Le port du casque à vélo obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans dès mercredi

Le port du casque à vélo obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans dès mercredi
La Sécurité routière compte sur cette "mesure douce" pour voir le port du casque se répandre
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Orange avec AFP, publié le samedi 18 mars 2017 à 11h40

Jusque là vivement recommandé, il sera désormais obligatoire. Le casque pour les enfants de moins de 12 ans va être imposé par la loi dès mercred 22 mars.

Les autorités comptent sur cette "mesure douce" pour que la pratique se répande par ricochet chez les cyclistes de tous âges. Annoncée en octobre 2015 lors d'un Conseil interministériel de sécurité routière, la mesure entre officiellement en vigueur mercredi. Désormais, une personne transportant ou accompagnant un enfant de moins de 12 ans sans casque à vélo devra s'acquitter d'une amende de 90 euros.

Les effets protecteurs du casque sont reconnus. Selon des statistiques communiquées par la Sécurité routière, il diminue le risque de blessure sérieuse à la tête de 70%, celui de blessure mineure de 31% et celui de blessure au visage de 28%.


Jusque là facultatif en France et entouré par un relatif vide juridique, le port du casque est entré dans les moeurs ailleurs dans le continent. 12 pays de l'Union européenne l'ont ainsi rendu obligatoire. En Finlande, il est imposé à tout âge, jusqu'à 18 ans en République tchèque et Lituanie, jusqu'à 16 ans en Espagne, Croatie et Estonie, jusqu'à 15 ans en Suède, Slovaquie et Slovénie, jusqu'à 12 ans en Autriche et Lettonie et jusqu'à 10 ans à Malte. "Il s'agit d'attirer l'attention de tous à travers une mesure qui est facile à accepter", explique le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. "C'est une mesure douce, qui a aussi une valeur pédagogique envers les parents", précise-t-il: "si un parent n'en met pas, l'enfant va demander 'Pourquoi tu ne mets pas de casque?'. On veut passer le message par la voix des enfants".

En France, les cyclistes ont vu leur mortalité repartir à la hausse en 2016: l'an dernier, 159 cyclistes ont trouvé la mort sur les routes (10 de plus qu'en 2015, +7%). Et dans un mois de février 2017 exceptionnellement clément (203 tués), le moins meurtrier depuis mars 2013, la mortalité des cyclistes, elle, est restée orientée à la hausse (+14% par rapport à février 2016). Pourtant, cette mesure n'est "pas la plus pertinente", estime la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). "On n'est pas contre mais espérer que ça va changer la sécurité routière du cycliste, c'est un non-sens", affirme son président Olivier Schneider, en rappelant qu'un seul enfant de moins de 12 ans est mort à vélo l'an dernier.

APPRENDRE À ÉVITER LES ACCIDENTS AVANT TOUT

"Une véritable mesure de sécurité routière serait de systématiser l'apprentissage de la mobilité vélo à l'école primaire, pour savoir faire du vélo sur la voie publique (...) Ce n'est pas parce qu'on porte un casque qu'on va savoir éviter les accidents", estime-t-il. "Et ça envoie le signal que faire du vélo est dangereux. Si on impose le casque aux cyclistes, pourquoi ne pas l'imposer aux passagers de voiture et aux gens qui prennent les escaliers ? Il y a 400 personnes qui tombent chaque année dans les escaliers et ont des traumatismes crâniens aigus", note-t-il.

Certains soulignent aussi que ce sont les personnes âgées qui paient le plus lourd tribut à deux-roues et s'étonnent que la mesure ne soit donc pas appliquée à l'ensemble de la population. Au-delà d'une nouvelle contrainte légale qui pourrait être mal accueillie dans l'opinion, "il y a une pratique du vélo où ce serait difficile à imposer", répond Emmanuel Barbe. Une obligation pour tous les cyclistes entraverait notamment le nouvel engouement pour les déplacements à vélo suscité par les systèmes de libre-service (Vélib', Velo'v...) qui se développent depuis une dizaine d'années.

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