Le "numéro unique d'appel d'urgence", une "perte de chance" pour le patient, selon le syndicat Samu-Urgences de France

Le "numéro unique d'appel d'urgence", une "perte de chance" pour le patient, selon le syndicat Samu-Urgences de France
Une ambulance du Samu.

publié le dimanche 23 mai 2021 à 08h15

Les députés ont voté le 12 mai l'expérimentation du "numéro unique d'appel d'urgence" en lieu et place du 17 (pour la police), du 18 (pour les pompiers) et du 15 (pour le Samu).

Alors que les députés viennent de voter l'expérimentation du "numéro unique d'appel d'urgence", la mesure est loin de faire l'unanimité chez les soignants. Ce "numéro unique d'appel d'urgence" rime avec "perte de chance" pour le patient et "désorganisation de toute la chaîne hospitalière", alerte ainsi dimanche 23 mai François Braun, le président du syndicat Samu-Urgences de France.


Selon lui, le 15 "est une petite pépite qu'il ne faut pas perdre", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Le premier à décrocher un appel santé doit être un professionnel de santé", a-t-il souligné car "si ce n'est pas un professionnel qui décroche, il va réagir par excès". Mettre "un intermédiaire entre le Samu et les patients" entraînera "perte de temps" et "perturbation du message" car "c'est souvent les premiers mots qui sont importants", a-t-il insisté. 

"Dégrader le principe de régulation, c'est déstabiliser toute l'organisation des soins", souligne encore François Braun. "En mars de l'année dernière, les SAMU en France ont reçu en l'espace de 48 heures 80.000 appels de plus par jour. Mais nous n'avons pas envoyé ces 80.000 personnes à l'hôpital ! On a donné des conseils, on a fait du suivi... On a fait ce que l'on sait faire : de la régulation médicale", explique-t-il.

Les députés ont voté en commission le 12 mai dernier l'expérimentation d'un "numéro unique d'appel d'urgence" en lieu et place du 17 (pour la police), du 18 (pour les pompiers) et du 15 (pour le Samu). Véritable serpent de mer de l'organisation des services publics de secours, le numéro unique a ressurgi à la faveur d'une proposition de loi sur la sécurité civile et les sapeurs-pompiers, portée par le député (LREM) Fabien Matras.

Dans une tribune publiée dimanche dans le JDD, des soignants alertent "sur le fait que consacrer le 112 comme numéro d'appel d'urgence unique pour tous les services reviendrait à faire le choix d'une réponse aux appels d'urgence à la fois moins efficace voire dangereuse et plus coûteuse pour le contribuable", en rappelant que "seul un médecin est capable de définir avec l'appelant la gravité de la situation médicale". 
 

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