Le nonce apostolique accusé d'agressions sexuelles a été entendu par la police

Le nonce apostolique accusé d'agressions sexuelles a été entendu par la police
Le nonce apostolique Luigi Ventura serrant en 2015 la main de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur à l'époque

AFP, publié le jeudi 18 avril 2019 à 18h47

Le nonce apostolique visé par une enquête à Paris pour "agressions sexuelles" a été entendu récemment "à sa demande" par la police judiciaire, a appris jeudi l'AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

Le représentant du Vatican en France, Luigi Ventura, âgé de 74 ans, a été entendu en audition libre le 3 avril par les enquêteurs du 1er district de police judiciaire, sans attendre sa levée d'immunité diplomatique, demandée par le parquet de Paris en mars dernier, ont précisé ces sources qui confirmaient une information d'Europe 1.

L'évêque âgé de 74 ans est visé par les plaintes de quatre hommes dont trois au moins lui reprochent des mains aux fesses appuyées.

Cette affaire avait éclaté en février lorsque avait été révélée l'ouverture d'une enquête le 24 janvier par le parquet de Paris, dans un contexte de multiples scandales sexuels touchant l'Eglise catholique.

La mairie de Paris avait signalé au parquet qu'un jeune cadre municipal s'était plaint d'attouchements répétés du nonce apostolique - des mains aux fesses - lors d'une cérémonie des vœux aux autorités diplomatiques, le 17 janvier.

Deux autres plaignants s'étaient ensuite manifestés et avaient relaté des récits similaires de "mains aux fesses appuyées" en 2018. Ces trois hommes ont été entendus par les enquêteurs.

Selon l'avocate de l'un d'entre eux, Me Jade Dousselin, son client s'est vu proposer et a accepté une future confrontation avec le nonce apostolique.

"Mon client attend de pouvoir faire se confronter leurs versions et espère que le nonce apostolique se rendra à cette convocation", a ajouté Me Dousselin.

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura occupe le poste de nonce apostolique depuis 2009 à Paris. Il est chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part, pour lesquels il participe au processus de nomination.

Compte tenu de ses fonctions, il bénéficie de l'immunité diplomatique et ne peut être entendu sous contrainte par les enquêteurs. La décision de lever son immunité appartient au Saint-Siège. Cette demande de levée d'immunité a été transmise par le ministère des Affaires étrangères, a indiqué jeudi une porte-parole du Quai d'Orsay.

Début mars, l'ancienne ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait dit attendre du Vatican qu'il prenne ses "responsabilités".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.