Le nombre de noyades a bondi au mois de juin

Le nombre de noyades a bondi au mois de juin
Un sauveteur surveille la plage de Lacanau, le 26 juillet 2020.

publié le mardi 13 juillet 2021 à 08h08

Plus de 300 noyades accidentelles, dont 79 mortelles, sont survenues en France entre début juin et début juillet. Selon Santé publique France, les confinements successifs sont notamment en cause. 

314 noyades accidentelles.

79 morts par noyade. Ce sont les tristes chiffres rendus publics par mardi 13 juillet par Santé publique France. L'Agence nationale de santé s'alarme de ces chiffres élevés et appelle à la vigilance. Entre le 1er juin et le 5 juillet, l'enquête noyade 2021 de l'agence sanitaire a répertorié 314 "noyades accidentelles documentées" ayant entraîné 79 décès, selon des résultats préliminaires. Il s'agit d'un nombre "élevé" qui représente, lorsqu'on le compare à celui d'une enquête réalisée en 2018 sur cette même période, une hausse de 22 % pour les noyades accidentelles, et de 58 % des décès.




En 2020, les accidents de noyade recensés entre début juin et début août - enquête menée sur deux mois pleins - avaient baissé d'environ 20 % par rapport aux années précédentes, une diminution que Santé publique France attribuait à la fermeture de piscines en raison du Covid-19 et la moindre fréquentation des lieux de baignade. Ces accidents sont survenus en 2021 "dans le contexte de levée des mesures de restrictions déployées pour la gestion de l'épidémie de Covid", relève SPF.

Des mesures qui "se sont traduites notamment par une réduction importante de l'activité physique et une prise de poids entraînant une probable altération de la condition physique de la population". La hausse des noyades "pourrait donc être partiellement liée à une mauvaise appréhension des capacités physiques ou à une dégradation de l'état de santé au sortir d'une longue période de moindre activité", analyse SPF. 

La fermeture des piscines pas mise en cause

Les confinements successifs ont pu entraîner à la fois "une altération des conditions physiques suite au manque d'activité et à la prise de poids", et "une baisse globale de la vigilance et de l'appréhension du risque de noyade", indique à l'AFP un expert de l'agence sanitaire, Aymeric Ung.

"80 % des décès par noyades entre le 1er juin et 5 juillet ont eu lieu dans un site naturel, ce qui est une proportion globalement élevée", commente Aymeric Ung. Selon lui, cela conforte l'hypothèse d'un "relâchement général au moment du déconfinement".

En revanche, le fait que les enfants n'aient pas pu apprendre à nager puisque les piscines étaient fermées n'est pas, selon lui, en cause dans ce premier bilan de l'été. "Ça a pu jouer, mais seulement à la marge", estime-t-il.  "Les noyades chez les enfants, à part quelques cas, c'est systématiquement un problème de vigilance de l'adulte qui est censé surveiller. Si l'adulte est vigilant, il n'y a aucune raison qu'il y ait des noyades chez les enfants", insiste-t-il. Pour les adultes, l'expert met en garde contre "une surestimation de ses capacités physiques et une sous-estimation des risques".

Les accidents plus nombreux en mer

Elle appelle à "renforcer la prévention sur le risque de noyades à tous les âges, en insistant sur la reprise progressive de l'activité physique, dont la baignade". Les catégories d'âge les plus touchées par ces accidents sont les enfants de 0 à 5 ans (21 % des noyades) et les personnes âgées de 65 ans et plus (25 %). C'est en mer que les accidents ont été le plus nombreux (143). Suivent les piscines privées familiales (61), les fleuves et rivières (45), et les plans d'eau comme les lacs (33).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.