Le metteur en scène Alain Françon blessé au cou dans une agression à Montpellier

Le metteur en scène Alain Françon blessé au cou dans une agression à Montpellier
Le metteur en scène Alain Françon recevant un Molière à Paris le 23 mai 2016 pour sa pièce "Qui a peur de Virginia Woolf" aux Folies Bergères

publié le mercredi 17 mars 2021 à 20h28

Le metteur en scène Alain Françon, un des plus prolifiques du théâtre français, a été grièvement blessé à l'arme blanche à Montpellier mercredi dans des circonstances floues, mais ses jours n'étaient plus en danger en fin de journée.

Agé de 76 ans, Alain Françon s'est effondré dans la rue près de l'hôtel où il résidait, dans le centre historique de la ville, le quartier de l'Ecusson, selon une source proche de l'enquête. 

Grièvement touché au cou, il a été évacué vers un hôpital par les pompiers vers 11H40, selon la sûreté départementale, qui a relevé des marques de sang dans plusieurs rues.

Sur place en début d'après-midi, aucune trace de l'agression n'était visible, a constaté un photographe de l'AFP. En fin de journée, il avait pu être opéré et son pronostic vital n'était plus engagé, selon la police.

Rien n'expliquait dans l'immédiat cette agression, et aucune interpellation n'avait eu lieu. Les enquêteurs n'ont pas découvert d'armes à ce stade, a ajouté la police.

Le metteur en scène donnait depuis la mi-février des cours à l'Ecole nationale supérieure d'art dramatique de Montpellier. Il travaillait avec la promotion 2022 autour de "Toujours la tempête" de Peter Handke.

- Plus de 100 pièces -

"Mon cher Alain Françon a fait l'objet d'une terrible agression à Montpellier (...). Je remercie les secours et le personnel médical qui l'ont rapidement pris en charge. Mes pensées vont vers lui et ses proches", a réagi sur Twitter la ministre de la Culture Roselyne Bachelot.

Le maire de Montpellier, Mickaël Delafosse, a dénoncé "une abominable agression" dans un communiqué, saluant l'homme de théâtre "venu ici exercer son métier et transmettre sa passion auprès de jeunes passionnés et de futurs artistes".

Né en 1945 à Saint-Etienne, Alain Françon, trois fois "moliérisé", grand amoureux de Tchekhov et défenseur d'auteurs contemporains, a monté plus de 100 pièces en plus d'un demi-siècle.

Directeur pendant près de 14 ans du prestigieux Théâtre de la Colline à Paris (1996-2010), il a mis en avant de nombreux auteurs contemporains français comme Michel Vinaver mais surtout le grand dramaturge britannique Edward Bond avec qui il a établi une longue collaboration.

Il avait auparavant cofondé et dirigé le Théâtre éclaté d'Annecy (1971-1989), puis le Centre dramatique national (CDN)-Théâtre du Huitième de Lyon (1989-1992) et le CDN de Savoie (1992-1996).

A trois reprises, il reçoit le Molière du metteur en scène, en 1995, avec "Pièces de guerre" d'Edward Bond, en 2010 pour une de ses adaptations de "La Cerisaie" de Tchekhov et enfin en 2016 (metteur en scène d'un spectacle de théâtre privé) pour "Qui a peur de Virginia Woolf?" d'Edward Albee. 

Après son départ de La Colline, il a fondé sa propre compagnie, le Théâtre des Nuages de Neige et met en scène des oeuvres de ses auteurs favoris: "Extinction" de Thomas Bernhard, "Les Trois Sœurs" d'Anton Tchekhov à la Comédie-Française (où il a également monté une version de la "Cerisaie"), "Du mariage au divorce" de Feydeau, "Fin de partie" de Beckett, "La Trilogie de la Villégiature" de Goldoni à la Comédie-Française, ou encore "Oncle Vania" de Tchekhov au Théâtre Nanterre Amandiers.

Dans le dernier film de Maïwenn, "ADN", sorti fin 2020, il interprétait le rôle du père "castrateur" de l'actrice et réalisatrice, qui avait une nouvelle fois puisé dans sa propre histoire pour son oeuvre.

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