Le "média bashing" en hausse depuis la présidentielle, dénonce un rapport

Le "média bashing" en hausse depuis la présidentielle, dénonce un rapport

Des journalistes déclarés persona non grata, des plaintes tous azimuts et un "média bashing" (dénigrement des médias) qui se répand : un rapport publié jeudi déplore une multiplication des incidents entre la ...

AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 08h28

Des journalistes déclarés persona non grata, des plaintes tous azimuts et un "média bashing" (dénigrement des médias) qui se répand : un rapport publié jeudi déplore une multiplication des incidents entre la classe politique et la presse depuis la dernière élection présidentielle.

Le rapport annuel de l'Observatoire de la déontologie du journalisme (ODI), présenté jeudi aux Assises du journalisme à Tours, relève que cette élection "a été émaillée d'incidents entre hommes politiques et journalistes, les premiers cherchant de plus en plus à se passer des seconds pour diffuser leurs messages formatés à leur seule convenance, ou se livrant à un média bashing pour se dégager d'informations les mettant en cause ou ne leur convenant pas, au risque d'affaiblir la démocratie dont la liberté d'informer et d'être informé est un des piliers".

L'organisme qui réunit des particuliers, des professionnels et des médias, évoque notamment la décision du FN durant la campagne de priver certains journalistes d'accès à ses événements, ou de leur interdire d'interviewer les militants lors d'un meeting.

L'ODI, qui rappelle les multiples attaques de Marine Le Pen contre les médias, souligne que le "média bashing" a aussi été le fait d'autres formations politiques, remarquant par exemple que "des journalistes ont été hués lors de réunions de François Fillon. Certains ont failli être molestés. D'autres ont reçu des menaces de mort", sans que le candidat LR condamne ces faits.

Il note en outre "la généralisation de la fourniture d'images sur mesure par les partis politiques à l'occasion de leurs meetings".

"Le plus préoccupant est sans doute que ces tendances se soient prolongées une fois la fièvre des scrutins retombée", souligne l'ODI, qui revient également dans son rapport sur les polémiques à propos de la communication présidentielle ou le "coup de fil" de l'ex-Garde des Sceaux François Bayrou à Radio France pour critiquer une enquête sur le MoDem.

- Déontologie -

L'Observatoire se penche aussi sur le phénomène des procédures-bâillons,  et relève les nombreuses "plaintes et menaces de plaintes (...) déposées ou annoncées pour tenter d'intimider des journalistes jugés trop curieux", notamment de la part d'entreprises comme le groupe Bolloré ou le géant laitier Lactalis, mais aussi, fait nouveau, de la part "du gouvernement et de l'Elysée". 

L'étude ne dédouane pas pour autant la presse, notant globalement "un relâchement de la rigueur sous l'influence de débats publics virulents et très polarisés" et une fréquente confusion entre "les faits et les opinions", ainsi qu'entre "animateur, chroniqueur invité et journaliste", ce qui contribue, note l'ODI, à "nourrir l'accusation de parti pris systématique, de mensonges, de manipulation portée contre les médias".

L'ODI défend en outre dans son rapport l'idée d'instaurer une instance indépendante chargée de veiller au respect de la déontologie journalistique, une proposition qui fait figure de serpent de mer et est loin de faire l'unanimité dans la profession.

Cet organe tripartite (il accueillerait des représentants des journalistes, des entreprises de presse et du grand public) n'aurait pas de "pouvoir de sanctionner" mais contribuerait à réguler la profession en exerçant un "rôle pédagogique". 

Il pointerait les dérives et encouragerait les bonnes pratiques, défend l'ODI, qui souligne que 30 des 47 pays membres du Conseil de l'Europe sont déjà dotés d'une telle instance, dont près des deux tiers des Etats de l'UE.

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71 commentaires - Le "média bashing" en hausse depuis la présidentielle, dénonce un rapport
  • avatar
    sansdentmaishonnete  (privé) -

    les médias n'ont que ce qu'ils méritent : sous prétexte de faire élire un gars qui n'avait pas de compétences , ils ont déclaré une chasse à l'homme pour eclipser les adversaires ! Une chasse terrible au cours de la quelle , on a cru que cela finirait par 1 ou 2 suicides ! c'est avéré , c'est a réalité ! alors , faut pas les plaindre les médias !et c'est une honte , qu'on nous empêche de le dire !

  • Dire que bon nombre de journalistes et leurs patrons sont aux ordres de macron et de ses sbires est une évidence. Surtout quand on voit ce qui est tu, ou censuré, alors que d'autres informations servant de publicité mensongère au service du pouvoir sont mises en exergue et en boucle sur tous les médias.
    Bon nombre d'électeurs s'y sont laissé prendre, gageons que cela leur serve de leçon ! ...

  • avec leur façon de faire du sensationnel d'utiliser un vocabulaire disproportionné, avec des mots choisi sbien trop forts tout cela pour marquer les esprits, Cela nuit a leur credit quand on s'aperçoit qu'un grand incendie n'est en réalité qu'un feu de paillle..

  • il suffit de comparer l'accueil fait par certains journalistes, bien différents selon les invités politiques
    Certains sont correctement accueillis et même flattés, d'autres sont malmenés, voire tournés en ridicule
    je ne peux pardonner aux médias de nous avoir privé d'un juste débat électoral en ne cessant de parler de l'Affaire Fillon, véritable feuilletonnage destiné à le discréditer, certes, mais néfaste pour la démocratie, car les candidats n'ont pas suffisamment pu exposerleurs programmes

  • Pour une fois un article quasi impartiale sur les médias !