Le groupe sanguin O protège-t-il du Covid-19 ?

Le groupe sanguin O protège-t-il du Covid-19 ?
(Photo d'illustration)

, publié le jeudi 11 février 2021 à 11h32

Les groupes sanguins O se défendent mieux que les autres, parce qu'ils ont des anticorps naturels A et B, ce qui pourrait expliquer la résistance des porteurs au Covid-19. 

Donneurs universels, les membres du groupe sanguins sont-ils également mieux protégés face au Covid-19 ? Depuis le début de la pandémie mondiale, les études tendent à prouver que oui. L'immunologue Jacques Le Pendu, directeur de recherche à l'Inserm et à l'université de Nantes, en compte "une quarantaine" en Chine, Danemark, Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou en Belgique. 

Ce dernier a par ailleurs lui-même publié ces derniers jours, avec d'autres scientifiques, une étude basée sur des milliers de donnée issues de nombreux pays allant dans ce sens dans revue Viruses, souligne Le Parisien. "Un consensus général s'est dégagé, selon lequel les groupes O ont un risque plus faible de la maladie que les autres, entre 10 et 33% de risques en moins", écrivent les chercheurs. 




"Toutes les études convergent, les personnes du groupe sanguin O sont moins susceptibles à une infection au coronavirus", confirme également au Parisien France Pirenne, directrice médicale de l'Etablissement Français du Sang (EFS) en Île-de-France et professeure à l'université Paris-Est-Créteil, qui dirige une étude sur 300 patients. Selon Anne Goffard, professeur en virologie à la faculté de pharmacie de Lille et au CHU, les individus du groupe O "auraient environ 20 % de chance d'être infecté en moins".

Les anticorps du groupe O au coeur de la question

Comment expliquer une telle résistance ? Les groupes sanguins O se défendent mieux que les autres, parce qu'ils ont des anticorps naturels A et B, alors que les groupes sanguins A et B n'ont que des anticorps A et B et que les AB n'ont aucun des deux. S'ils sont contaminés par une personne du groupe A ou du groupe B, les anticorps de la personne du groupe sanguin O "pourraient éliminer le virus", avance Jacques Le Pendu.

Cela expliquerait les différences de rythme de contamination dans les pays. "Les O sont moins contaminés par les A et les B. Les pays qui ont le moins de personnes O ou une bonne répartition, comme la Corée du Sud et le Japon, ont un virus qui se propage moins. Les gestes barrière sont alors très efficaces. D'un autre côté, on a vu les ravages du Covid à Manaus au Brésil où la grande majorité de la population était du groupe O", les O se contaminant entre eux, explique le Pr Le Pendu.

En France, selon l'Etablissement Français du Sang, 44 % de la population appartient au groupe sanguin A, 42 % au groupe O, 10 % au groupe B et 4 % sont AB.

Anne Goffard avance une autre hypothèse : ces anticorps présents naturellement chez le groupe O auraient un effet sur la protéine Spike, qui permet au Covid-19 de pénétrer dans les cellules humaines. "Ils empêchent la protéine Spike de reconnaître les cellules pulmonaires à infecter", précise-t-elle. 

Les différentes études soulignent par ailleurs qu'une fois infectés, les malades du groupe O feraient "moins de formes graves". Cela s'expliquerait par une plus faible coagulation du sang, évitant ainsi thromboses et problèmes vasculaires qui font partie des complications du coronavirus.

Dans tous les cas, les chercheurs rappellent que ce ne sont que des hypothèses et appellent à la plus grande prudence. 
 

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