Le gouvernement veut "augmenter les sanctions" à l'encontre des organisateurs de "rassemblements privés", source "importante" de contamination

Le gouvernement veut "augmenter les sanctions" à l'encontre des organisateurs de "rassemblements privés", source "importante" de contamination
Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, le 28 septembre 2020 lors d'une conférence de presse.

, publié le jeudi 15 octobre 2020 à 12h00

Aujourd'hui, une amende de 135 euros est prévue pour celles et ceux qui ne respecteraient pas le couvre-feu annoncé mercredi soir. Cette sanction devrait être alourdie pour les personnes organisant des rassemblements privés. 

Face à une situation épidémique qu'il juge "préoccupante", Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un couvre-feu dans neuf zones à risque à partir de vendredi soir.

Alors que les questions se multiplient sur les modalités de cette mesure, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a apporté quelques éléments de réponse jeudi matin. 


L'instauration d'un couvre-feu vise avant tout "les rassemblements privés, parfois festifs, qui sont aujourd'hui une source importante, si ce n'est majeure, de contamination", a insisté le secrétaire d'Etat sur Franceinfo. Ainsi, "pour ce qui est de promener son chien ou le jogging, c'est du bon sens, pendant le confinement on pouvait le faire rapidement, il faut être pragmatique. Ce qu'on vise, ce sont les rassemblements privés", a-t-il expliqué. 

Et s'il "n'y aura pas de policier derrière chaque Français" et "un délai d'adaptation et de pédagogie", le gouvernement souhaite mettre en place des "sanctions dissuasives pour ceux qui organisent des soirées clandestines". "Il faut augmenter les sanctions pour ceux qui organisent des soirées clandestines, que ce soit dans un établissement dont ils sont gérants ou en privé", a indiqué Gabriel Attal qui précise que l'amende actuelle est de 135 euros. "Si on veut une sanction dissuasive, elle peut être très dissuasive", a-t-il souligné en citant le Royaume-Uni où l'amende peut aller jusqu'à 10.000 euros. Le gouvernement britannique s'apprête d'ailleurs à relever d'un cran le niveau d'alerte dans la capitale, ce qui aurait pour conséquence de limiter les rassemblements, familiaux, amicaux ou festifs, à l'extérieur, et par groupes de six personnes maximum, enfants inclus. 

Mercredi soir, Emmanuel Macron a décrété un couvre-feu total d'au moins quatre semaines à Paris et dans sa région, "où le virus circule très activement", ainsi que dans les métropoles de Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne. Ces villes, qui concentrent près de 20 millions d'habitants, sont les plus touchées par la reprise de l'épidémie depuis la rentrée et le gouvernement prévoit d'étendre la mesure jusqu'au 1er décembre si le Parlement l'autorise.

Gabriel Attal a expliqué jeudi entendre le "désarroi" et la colère des restaurateurs qui "sont finalement les victimes indirectes de ce couvre-feu". "C'est pas les restaurants qu'on vise avec le couvre-feu, c'est les rassemblements privés et la seule manière aujourd'hui qu'on peut utiliser pour les réduire, c'est le couvre-feu et indirectement évidemment ça pèse sur les restaurateurs", a insisté le porte-parole du gouvernement. Les restaurateurs ont "un genou à terre, c'est certain, mais on va les aider à se relever parce qu'on va renforcer les dispositifs qu'on a mis en place pour les accompagner", a ajouté le secrétaire d'Etat, en renvoyant à une nouvelle réunion jeudi entre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et les représentants de la profession.

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