Le gouvernement ne veut pas de Rokhaya Diallo au Conseil national du Numérique

Le gouvernement ne veut pas de Rokhaya Diallo au Conseil national du Numérique©Panoramic

6Medias, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 08h57

Le gouvernement ne veut pas de Rokhaya Diallo au Conseil national du Numérique

Le secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi a évoqué mercredi un besoin de « sérénité » au sein du CNNum. Entendre : il faut éteindre l'incendie au plus vite.
Car la publication, lundi, par la présidente du CNNum Marie Ekland, de la composition du Conseil, a vite suscité indignation et protestations, y compris à Matignon et à l'Elysée, où l'on a rapidement suggéré de revoir cette copie, rapporte le Figaro.fr.



A l'origine de cet embrasement : la présence de Rokhaya Diallo, personnalité controversée, au sein de la nouvelle équipe.

Les réactions liées à cette nomination n'ont pas tardé, dès mercredi.
La pique la plus blessante est certainement venue de Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, qui s'est adressé au Premier ministre dans un courrier.

Cette dernière reproche d'abord à Rokhaya Diallo une sortie du 9 mai 2011, lorsque, dans une interview pour Regards.fr, elle explique l'existence d'« un racisme par les élites qui est destiné à protéger leur place et à écarter les minorités. » Pour la députée, il s'agit ni plus ni moins d'une évocation claire d'un « racisme d'Etat ».



Rokhaya Diallo s'est défendue sur Twitter. « Donc je n'ai pas le droit de collaborer avec les institutions de mon propre pays parce que j'ose dire publiquement qu'elles sont imparfaites? Quelle étrange conception de la démocratie », s'est-elle indignée, mardi soir.



Mais la chroniqueuse occasionnelle de l'émission populaire Touche pas à mon poste s'est maintes fois attirée les foudres d'une certaine opinion. Avec un point d'orgue, peu après les attentats de Charlie Hebdo, en 2015, lorsque le journaliste de RTL Ivan Rioufol l'interpelle en lui demandant sa position vis-à-vis de Charlie Hebdo.



Dans les esprits revient alors cette pétition signée par la militante antiraciste et féministe en 2011, critiquant « l'union sacrée » après le jet de cocktail molotov sur la rédaction de l'hebdomadaire satirique. Un argument également repris par la députée Valérie Boyer mercredi.
Face à l'insistance du journaliste, Rokhaya Diallo botte en touche et finit "l'interview" en larmes. La vidéo fait le tour du Web. Ivan Rioufol, également critiqué pour cette intervention, reviendra d'ailleurs sur cet épisode, qui sera le point de départ de son essai, publié en 2016, et baptisé « La guerre civile qui vient » (PGDR, 3 mars 2016).

Rokhaya Diallo n'a jamais fait l'unanimité. Elle est même devenue une cible de choix pour certains sites de la droite dure et a fait l'objet d'un racisme réel. Elle a d'ailleurs évoqué le dépôt d'une plainte, en 2013, après qu'un appel au viol a été lancé contre elle sur Twitter.
Une personnalité décidément trop clivante pour Mounir Mahjoubi - et beaucoup d'autres - lequel explique dans son communiqué que « le Conseil National du Numérique a besoin de sérénité pour travailler, et les derniers échanges sur la composition du Conseil soulignent que ces conditions ne sont pas pleinement réunies.»

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