Le gouvernement lève le voile sur la réforme de l'audiovisuel public

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La ministre de la Culture quitte l'Elysée le 30 mai 2018 à Paris
La ministre de la Culture quitte l'Elysée le 30 mai 2018 à Paris
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© AFP, ludovic MARIN

AFP, publié le lundi 04 juin 2018 à 07h44

La ministre de la Culture Françoise Nyssen dévoile lundi les premières propositions de réforme de l'audiovisuel public, un cocktail d'économies et de réorganisations voulu par l'Élysée pour fin 2018 et qui inquiète déjà les syndicats.

Présidence unique pour tous les médias publics, suppression ou fusion de France 4, réforme du CSA... La réforme vise à créer plus de synergies entre les groupes France Télévision, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI), l'INA, Arte et TV5 Monde, qui comptent quelque 17.000 salariés.

L'État cherche à réaliser des économies, chiffrées entre 250 et 500 millions d'euros d'ici à 2022, principalement à France Télévisions, selon la presse, sur un budget total de 3,9 milliards d'euros en 2018.

La préparation de cette réforme mobilise depuis le début de l'année les services du ministère de la Culture, de Matignon, des parlementaires, mais aussi les patrons et cadres des groupes concernés. 

Le "scénario d'anticipation" pour l'audiovisuel public sera dévoilé à la presse à 11H00 par la ministre, une présentation prévue dans un premier temps à Matignon. Françoise Nyssen sera entourée de Delphine Ernotte (France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Marie-Christine Saragosse (France Médias Monde), Véronique Cayla (Arte France), Laurent Vallet (INA) et Yves Bigot (TV5 Monde).

Plusieurs hypothèses ont circulé, notamment après la fuite d'un document de travail fin 2017 : suppression de France Ô ou de France 4, fusion de France 4 et France 5, basculement vers le numérique de France 4, ou fusion de France 3 et France Bleu (des rapprochements sont déjà en cours autour des matinales, selon les syndicats).

Gabriel Attal, député LREM proche d'Emmanuel Macron et chargé du dossier à l'Assemblée, a plaidé vendredi pour la création d'une holding de l'audiovisuel public, avec un directeur non exécutif global chapeautant des directeurs exécutifs dans chaque groupe.

Dans un entretien vidéo à L'Opinion, le jeune député a notamment estimé qu'il fallait "regarder" le pouvoir de nomination du CSA, "travailler sur la question des territoires" en trouvant "plus de synergies entre France 3 Régions et France Bleu" et se pencher sur "les questions sociales pour dégager des moyens qui permettent d'investir dans des contenus".

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait défendu un rapprochement des groupes de l'audiovisuel public et un assouplissement des règles du financement publicitaire, en concentrant les moyens sur des chaînes moins nombreuses. 

Ces annonces inquiètent déjà la plupart des syndicats des groupes publics. "L'audiovisuel public sera-t-il la prochaine ZAD ?", s'interroge la CGT de France Télévisions. Le syndicat estime en effet que "la demande pressante d'économies voulue par le gouvernement n'épargnera pas le modèle social si laborieusement construit à France Télévisions".

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