Le forain Marcel Campion fait scandale avec des propos homophobes

Le forain Marcel Campion fait scandale avec des propos homophobes
Marcel Campion, ici le 21 décembre 2017 à Paris, a tenu des propos homophobes envers des responsables gays de la mairie de Paris.
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AFP, publié le dimanche 23 septembre 2018 à 17h07

"A vomir", "abject": le forain Marcel Campion a suscité un tollé dimanche après la publication d'une vidéo dans lequel il tient des propos homophobes envers des responsables gays de la mairie de Paris dont Bruno Julliard, qui a annoncé qu'il allait porter plainte.

Dans cette vidéo datant de janvier et publiée par le Journal du dimanche, le meilleur ennemi de la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, s'en prend violemment à M. Julliard, homosexuel déclaré, qui vient de démissionner de ses fonctions de premier adjoint.

"Comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré (l'ancien maire de Paris, Bertrand) Delanoë, ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint. Et avec Anne Hidalgo, il est super parce qu'en même temps il lui a amené tous les homos de la terre. C'est-à-dire que toute la ville maintenant est gouvernée par des homos", a déclaré M. Campion, 78 ans, lors de cette réunion qui a eu lieu, selon le JDD, le 27 janvier à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

"Moi, j'ai rien contre les homos, d'habitude, je dis les 'pédés'. Mais on m'a dit hier qu'il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J'ai rien contre eux, sauf qu'ils sont un peu pervers", a ajouté le forain.

Plusieurs responsables politiques ont condamné la sortie de M. Campion. Dénonçant des "propos abjects", Bruno Julliard a annoncé qu'il allait  "déposer plainte". "Il ne faut pas laisser passer ça", a-t-il affirmé à l'AFP, se déclarant "pas très surpris venant de ce personnage".

"L'homophobie n'aura jamais sa place à Paris. La justice doit être saisie", a également estimé Mme Hidalgo tandis que la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Chiappa, a demandé que soit étudiées "les possibilités de recours juridiques face aux propos intolérables de M. Campion".

SOS Homophobie envisage de même de "porter plainte suite à ces propos ignobles".

- "On hallucine" -

Mais les propos du roi des forains a aussi donné lieu à quelques escarmouches politiques.   

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est ainsi dit "atterré" et aussi "très troublé par les justifications" d'un député LREM, Joachim Son-Forget, qui a évoqué une simple "maladresse".

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a regretté cette sortie "incompréhensible" du député et condamné les propos "à vomir" de M. Campion, demandant "qu'il soit poursuivi et lourdement condamné."

Christophe Castaner, délégué général de LREM et secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, s'est également vu reprocher un tweet dans lequel il affirme que si Marcel Campion "pense avoir été mal compris", il "doit le dire et s'excuser de la violence de ses mots".

"On hallucine. Depuis quand suffit-il de s'excuser quand on a commis un délit ?", s'est indigné Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris.

Marcel Campion a pour sa part assuré à l'AFP qu'il était "tout sauf un homophobe". "Si le mot 'pédé' que j'ai dit une fois ou deux a pu déranger certaines personnes je m'en excuse, je suis d'une génération où on disait ces mots-là mais je ne suis pas homophobe", a-t-il déclaré.

Le célèbre forain, en guerre ouverte avec Mme Hidalgo, a évoqué des propos tenus "dans un mouvement de colère" après avoir "été éliminé du marché de Noël et de la grande roue par M. Julliard".

"Le mot pervers je ne l'ai pas utilisé pour les pédés. J'ai dit que c'étaient des pervers parce qu'ils se servaient de leur statut d'élus pour essayer de faire des affaires et nous foutre dehors", a-t-il ajouté.

"Que les choses soient claires, il n'y a pour moi aucun lien entre le fait que Bruno Julliard soit gay, ou que certains de ses amis le soient, et la politique anti-forain qu'il a mis en place. Il l'a fait avec rouerie -j'ai dit avec perversité !- mais cette politique aurait naturellement être pu mise en œuvre par quiconque comme lui voulait chasser les forains de Paris", a-t-il ensuite ajouté dans un communiqué transmis par son avocate à l'AFP.

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