Le directeur de l'ENA défend son école menacée de suppression

Le directeur de l'ENA défend son école menacée de suppression
Emmanuel Macron est susceptible de confirmer jeudi 25 avril lors d'une conférence de presse la suppression de l'ENA.
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Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 24 avril 2019 à 14h56

Le directeur de l'établissement, Patrick Gérard, estime de son "devoir de rétablir quelques vérités" face aux critiques visant l'école.

Le directeur de l'École nationale d'administration (ENA), Patrick Gérard, a pris la plume pour défendre son école, dans une tribune à paraître mercredi 24 avril dans Le Figaro, à la veille d'une conférence de presse d'Emmanuel Macron qui pourrait annoncer sa fermeture.

Tout en se défendant de vouloir "participer au débat actuel sur l'avenir de l'ENA, qui sera tranché par le président de la République", Patrick Gérard estime de son "devoir de rétablir quelques vérités" face aux critiques visant l'école.

"Les élèves ne sont pas tous des jeunes de 25 ans"

Elles "choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels", souligne-t-il.

"Non, les élèves de l'ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens", commence-t-il, jugeant ses étudiants "sincèrement soucieux de s'engager pour leur pays, pour l'intérêt général et le bien commun".

"Non, les élèves de l'ENA ne sont pas tous 'des jeunes de 25 ans'" mais ont un "âge moyen de 31 ans et demi" à la sortie de l'école et y entrent après "plusieurs années d'expérience professionnelle" ou "après des études supérieures plus longues qu'autrefois", poursuit-il.

Le patron de l'ENA conteste également que les étudiants y entrent "par favoritisme" puisqu'il passent "un concours exigeant".

"Il faut encore mieux faire"

La création de l'école en 1945, rappelle-t-il aussi, visait précisément à mettre fin à "un système de cooptation" des hauts fonctionnaires. Et "l'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire", fait-il valoir.

Pour autant, concède Patrick Gérard, "on peut regretter que seuls 19 % des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur" et "il faut encore mieux faire".

Selon lui aussi, la scolarité a été "profondément rénovée" et "les élèves de l'ENA ne sont pas coupés des réalités de leur époque", oeuvrant notamment "en faveur de personnes défavorisées" à Strasbourg où l'école est installée depuis les années 90.

Seuls 2,5% des anciens élèves de l'ENA exercent "une fonction ou un mandat politique" comme c'est le "cas aujourd'hui de 15 députés sur 577", ajoute-t-il.

L'ENA bientôt supprimée ?

L'ENA, assure encore Patrick Gérard, "n'a pas le monopole de la haute fonction publique" puisque "plus de la moitié" des ambassadeurs, préfets ou recteurs n'en sont pas issus.

Emmanuel Macron est susceptible de confirmer jeudi 25 avril lors d'une conférence de presse la suppression de cette école, une annonce qu'il s'apprêtait à faire lors de son allocution du 15 avril, annulée en raison de l'incendie de Notre-Dame, selon plusieurs médias dont l'AFP.

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