Le directeur de l'ARS Grand Est limogé après ses propos sur le CHRU de Nancy

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Un patient atteint du Covid-19 de l'hôpital de Nancy est évacué le 29 mars 2020 vers un établissement du Sud-Ouest
Un patient atteint du Covid-19 de l'hôpital de Nancy est évacué le 29 mars 2020 vers un établissement du Sud-Ouest
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© AFP, JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

, publié le mercredi 08 avril 2020 à 18h37

Le gouvernement a mis fin mercredi aux fonctions de directeur de l'Agence régionale de Santé Grand Est de Christophe Lannelongue, qui avait suscité un tollé en estimant qu'il fallait poursuivre les suppressions de postes au CHRU de Nancy. 

"Le directeur de cabinet du ministre de la Santé m'a contacté ce matin pour me dire que le gouvernement souhaitait mettre fin à mes fonctions en raison du débat sur le CHU de Nancy", a expliqué à l'AFP M. Lannelongue.

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a confirmé à l'issue du Conseil des ministres le limogeage de M. Lannelongue, qui sera remplacé par "une médecin" issue de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Cette femme, qui "jusqu'à maintenant participait à la cellule de crise nationale" contre l'épidémie de Covid-19, "sera opérationnelle très rapidement", a-t-elle précisé.

La représentante du gouvernement a fait part du "désaccord" du ministre de la Santé et des solidarités Olivier Véran, "avec la proposition personnelle donnée" par Christophe Lannelongue.

Ce dernier avait estimé vendredi qu'il n'y avait "pas de raison de remettre en cause" le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo), qui prévoit la suppression sur cinq ans de 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy. "Nous aurons quelques semaines de retard mais la trajectoire restera la même", avait-il ajouté.

Sibeth Ndiaye a jugé "important que les hauts fonctionnaires, et en l'occurrence le directeur général de l'ARS, appliquent toutes les recommandations qui sont édictées pour la politique nationale en matière sanitaire et en l'occurrence sur la question des hôpitaux et des fermetures de lits d'hôpitaux".

Les propos de Christophe Lannelongue avaient suscité l'ire de nombreux élus lorrains, qui ont été plusieurs à écrire à Olivier Véran.

Celui-ci avait ensuite annoncé la suspension de tous les plans de réorganisation d'hôpitaux.

Mercredi M. Lannelongue a estimé qu'il y avait "un malentendu". "A aucun moment je n'ai remis en doute la légitimité du ministre (de la Santé) à décider, ce qu'il a fait dimanche puisqu'il a annoncé qu'il y avait bien suspension du projet et que la question serait reprise plus tard".

"Les équipes médicales sont très satisfaites de la manière dont l'ARS a réagi" à la crise du coronavirus, a estimé M. Lannelongue. "On a multiplié par trois les capacités de réanimation, on a fait en sorte que dans la région Grand Est, tous les malades aient été pris en charge", a-t-il fait valoir, alors que la région est l'une des plus gravement touchées par l'épidémie. 

Le maire (MR) de Nancy Laurent Hénart, qui préside le conseil de surveillance du CHRU, s'est félicité mercredi de la décision "ferme et cohérente" du gouvernement. "Face à une crise sanitaire jamais vue, notre seule priorité est la lutte contre le #Covid19. Les soignants ont besoin de soutien et de solidarité, pas d'arrière-pensées comptables ou financières", a-t-il tweeté.

Fin janvier, à la suite de l'avis favorable du Copermo sur la réorganisation du CHRU, M. Hénart avait souligné la nécessité de "replacer les choses dans leur contexte: les suppressions de postes envisagées, c'est 600 sur 12.000 agents et ils le sont pour le retour à l'équilibre financier de l'établissement avec une réorganisation intelligente", avait-il plaidé auprès de France Bleu.

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