Le défenseur des droits Jacques Toubon dénonce les "consignes discriminatoires" de la police parisienne

Le défenseur des droits Jacques Toubon dénonce les "consignes discriminatoires" de la police parisienne
Le défenseur des droits, Jacques Toubon.

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 14 avril 2019 à 08h00

Il s'érige contre le "profilage racial et social" lors des contrôles d'identité, après une affaire déjà révélée par Le Parisien en 2014.

La préfecture de police de Paris est dans le collimateur du défenseur des droits, Jacques Toubon. Dans une note consultée par Le Journal du dimanche, datant du 2 avril, et publiée dimanche 14 avril, ce dernier "remet en question les pratiques de la préfecture de police de Paris en matière de contrôles", indique l'hebdomadaire.


L'affaire avait d'ores et déjà été révélée par Le Parisien en 2014.

Une note interne, destinée au commissariat du 6e arrondissement de la capitale, stipulait de "recenser ou évincer les Roms, avec ou sans enfants, avec ou sans animaux". Cette fois-ci, Jacques Toubon indique dans son rapport que "des ordres et des consignes discriminatoires enjoignant à procéder à des contrôles d'identité de 'bandes de Noirs et de Nord-Africains, et des évictions systématiques des 'SDF et des Roms' ont été diffusés".


Une évaluation sur "l'étendue de ces pratiques discriminatoires" demandée

Concernant ces notes explosives, révélées par un policier du commissariat du 4e arrondissement, le défenseur des droits commente: "Une telle pratique par les forces de l'ordre repose sur un profilage de personnes sur des critères exclusivement liés à ce qu'elles sont: leur apparence physique, leur origine, leur appartenance vraie ou supposée à une ethnie ou une race". Il ajoute qu'il s'agit d'un "profilage racial et social contraire aux normes prohibant les discriminations".

Jacques Toubon ne compte pas en rester là: le procureur de Paris, à qui le rapport a été envoyé, pourrait engager des poursuites. En outre, il demande également à l'Inspection générale de la police nationale et de celle des affaires sociales d'évaluer "l'étendue de ces pratiques discriminatoires".

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