Le Covid-19 est le principal responsable d'infections nosocomiales en France

Le Covid-19 est le principal responsable d'infections nosocomiales en France
L'Hôpital Nord de Marseille, le 2 février 2021.

, publié le mardi 02 mars 2021 à 16h14

Santé publique France a recensé 44.401 cas de Covid-19 nosocomial entre janvier 2020 et le 14 février 2021. 26.839 étaient des patients, 17.552 des professionnels de santé et 10 des visiteurs. 

Alors que les chiffres du Covid-19 repartent à la hausse en France, avec une notamment une hausse des admissions en réanimation, Le Figaro alerte sur les dangers de contracter la maladie au sein de l'hôpital. "L'an dernier, le Covid-19 est devenu la première maladie nosocomiale en France, loin devant toutes les autres infections contractées dans un établissement de santé", écrit le quotidien lundi 1er mars, en se basant sur des chiffres de Santé publique France (SpF).  




L'agence sanitaire a recensé 44.401 cas de Covid-19 nosocomial entre janvier 2020 et le 14 février 2021 : 26.839 étaient des patients, dont 186 sont morts, 17.552 des professionnels de santé et 10 des visiteurs. 

Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Île-de-France et Hauts-de-France ont rapporté à elles seules un millier de signalements de cas groupés au sein de leurs établissements de santé depuis septembre dernier. Début février, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) affirmait avoir identifié 11.900 cas d'infection au Covid-19 parmi leur personnel, soit environ 12%, au sein de leurs hôpitaux, depuis le début de la crise. Si la situation semble s'être stabilisée, cela "reste une préoccupation partout en France", reconnaît auprès du Figaro Bruno Grandbastien, président de la Société française d'hygiène hospitalière.

Le patient à l'origine de la contamination dans la moitié des cas

D'où viennent ces contaminations ? Dans 57 % des cas groupés étudiés par SpF, le patient était à l'origine de la contamination, dans 34 %, il s'agissait d'un professionnel et dans 6 % d'un visiteur. Alors que contrairement à la première vague, les activités hors Covid ont été maintenues dans les hôpitaux, ce sont dans les services non-Covid ou aux urgences, où les patients ne sont pas testés de manière systématique, que les foyers de contaminations apparaissent. L'utilisation des chambres doubles pourraient par ailleurs expliquer 14% des transmissions nosocomiales. Et l'arrivée des variants, plus contagieux, n'arrange rien, souligne le quotidien. "À comportement égal, vous aurez plus de contaminations", indique Gilles Pialoux,  chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Tenon.

"Ajoutez à cela une forme de lassitude, d'épuisement des équipes. Certains clusters sont la conséquence de failles au moment des pauses repas, café ou cigarette, quand le masque tombe et la distance n'est pas respectée", souligne Bruno Grandbastien. Ce relâchement"serait à l'origine de 20 % des clusters étudiés par SpF. 

Outre la crainte de tomber gravement malade, ces clusters sont surtout un "cercle vicieux en termes de ressources humaines", déplore Gilles Pialoux. En effet les contaminations et les arrêts maladie créent des tensions sur le personnel soignant restant et obligé de s'occuper de davantage de patients, augmentant ainsi le risque de propager le virus. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.