Le chercheur Roland Marchal raconte une détention "très douloureuse" en Iran

Le chercheur Roland Marchal raconte une détention "très douloureuse" en Iran
Photo fournie par l'Institut des Sciences Politiques datant du 31 août 2015 de Roland Marchal, chercheur français qui vient d'être libéré par l'Iran, le 21 mars 2020

, publié le lundi 06 avril 2020 à 12h47

Le chercheur français Roland Marchal, libéré le 20 mars après plus de neuf mois de détention en Iran, a raconté une détention très "douloureuse" lundi dans sa première déclaration publique depuis son retour en France.

"Je n'ai pas été physiquement torturé mais ai beaucoup souffert de mon enfermement et, surtout, de mon isolement", confie-t-il dans ces propos écrits transmis par son comité de soutien.

"Bien plus que les interrogatoires, c'est ce confinement  - bien différent de celui qui nous est imposé par le coronavirus - qui s'est révélé très douloureux", ajoute-t-il.

Roland Marchal et sa compagne Fariba Adelkhah, tous deux chercheurs au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po à Paris, ont été arrêtés en juin 2019 à Téhéran. Accusés notamment de "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", ils ont toujours clamé leur innocence.

Roland Marchal, spécialiste de l'Afrique, a été libéré dans le cadre d'un échange avec un Iranien détenu en France et dont les Etats-Unis réclamaient l'extradition, selon Téhéran. Revenu à Paris le 21 mars, il a été brièvement hospitalisé pour des examens avant de se plier au confinement imposé par l'épidémie de Covid-19.  

"Seuls les livres (...) auxquels j'avais accès de façon partielle et les amitiés nouées avec quelques détenus m'ont permis de tenir dans un univers où chaque jour ressemble au précédent et au suivant", a souligné Roland Marchal.

Il a raconté n'avoir pu voir sa compagne "que trois fois, chaque fois pour quelques minutes (et) sous la haute surveillance d'interrogateurs" et n'avoir pris connaissance de sa grève de la faim qu'après coup.

Mme Adelkhah a observé cette grève de la faim pendant 49 jours pour dénoncer la détention d'universitaires en Iran. Elle y mis fin le 12 février, à l'appel de son comité de soutien, alors que son état de santé était jugé alarmant. Leur procès s'est ouvert le 3 mars à Téhéran mais seule la chercheuse avait comparu devant le tribunal.

"En mars, j'ai été conduit au tribunal mais on m'a retenu dans une voiture alors que Fariba était déférée devant le juge, puis ramené dans ma cellule: mon procès, reporté, n'a jamais eu lieu", dit-il. 

Roland Marchal a remercié tous ceux qui ont "contribué à sa libération" et "continuent à se mobiliser pour celle de Fariba". Il a aussi mis l'accent sur tous "les autres universitaires malmenés dans les pays du Golfe persique, en Iran et dans certains pays voisins".

Il a précisé n'avoir eu connaissance de la campagne de mobilisation en leur faveur qu'une fois libéré. "Je n'en avais aucune idée auparavant car même si j'ai pu voir le Consul et mon avocat plusieurs fois, ils ne pouvaient parler librement", a-t-il observé.

vl/fz/cac

     

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