Le 18 août 2008, dix soldats français étaient tués dans une embuscade en Afghanistan

Le 18 août 2008, dix soldats français étaient tués dans une embuscade en Afghanistan
Cérémonie du 21 août 2008, aux Invalides à Paris, en hommage aux soldats français tués en Afghanistan dans une embuscade le 18 août

publié le mercredi 18 août 2021 à 15h50

Il y a 13 ans, le 18 août 2008, une patrouille française tombe dans une embuscade tendue par des talibans dans la vallée d'Uzbeen, dans l'est de l'Afghanistan. Dix soldats sont tués et 21 blessés.

Attendus dans cette vallée du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul, par une centaine de talibans bien armés, embusqués sur les crêtes, une trentaine de soldats en mission de reconnaissance livrent un combat acharné pendant des heures. 

Huit d'entre eux meurent sous les balles des insurgés afghans, un autre par arme blanche. Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est tué le lendemain lorsque son véhicule blindé se renverse.

Le bilan est l'un des plus lourds jamais essuyés par l'armée française dans une action de combat depuis la fin de la guerre d'Algérie, avec l'embuscade de Bedo au Tchad, en octobre 1970 (douze militaires tués).

Huit des dix tués appartenaient au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Castres (Tarn). Un militaire était issu du 2e Régiment étranger de parachutistes (REP, de la Légion étrangère) basé à Calvi, et un autre du Régiment de marche du Tchad (RMT), de Noyon dans l'Oise.

Membres de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), ces soldats étaient déployés depuis peu en Afghanistan. 

Le renforcement de la présence militaire française en Afghanistan avait été annoncé quelques mois auparavant par le président Nicolas Sarkozy lors d'un sommet de l'Otan à Bucarest.

La nouvelle, avec les images des dix cercueils alignés dans la cour des Invalides à Paris lors de l'hommage national du 21 août, fait l'effet d'un électrochoc. Au cœur de l'été, les Français prennent conscience que leurs soldats sont engagés dans un conflit dur, dont l'impopularité ne va cesser de grandir. 

Après Uzbeen, le gouvernement ordonne le déploiement de moyens militaires supplémentaires, dont des drones, des hélicoptères et des équipements individuels. 

La polémique perdure toutefois sur les carences de l'armée française, dont le commandement a "péché par excès de confiance", de l'aveu du patron des troupes françaises en Afghanistan, le général Michel Stollsteiner.

En 2009, les familles de sept victimes d'Uzbeen déposent plainte pour déterminer "d'éventuels manquements dans la chaîne de commandement". Le dossier sera classé sans suite.

Entre 2001 et 2014, plus de 70.000 soldats français auront été déployés sur le théâtre afghan. 89 d'entre eux y périront, 700 en reviendront blessés.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.