Larcher pour une reprise des messes, la classe politique divisée

Larcher pour une reprise des messes, la classe politique divisée
Gérard Larcher le 29 octobre 2020 à Nice, lors de l'hommage aux victimes de l'attentat

, publié le dimanche 15 novembre 2020 à 15h51

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) s'est prononcé dimanche pour une reprise des messes, dans le respect des "conditions sanitaires", une mesure qui divise la classe politique au-delà des clivages.

"On est là sur une liberté fondamentale et le gouvernement doit y être attentif", a déclaré M. Larcher, invité de RTL-Le Figaro-LCI, appelant "au dialogue qui doit commencer demain entre les cultes et l'exécutif".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin doit recevoir lundi les représentants des principaux cultes afin d'évoquer "les conditions dans lesquelles pourraient se tenir à nouveau des cérémonies dans les lieux de culte en fonction de l'évolution de la situation sanitaire", face à la deuxième vague du coronavirus.

Les messes doivent-elles reprendre? "A la condition que les conditions sanitaires soient respectées" dans les églises, plaide M. Larcher.

Le Conseil d'Etat a maintenu il y a une semaine l'interdiction des cérémonies religieuses avec un large public, telles que la messe dominicale. Le président du Sénat "souhaite que cette position soit revue" car "nous arrivons en effet dans un temps important notamment pour la communauté chrétienne", l'Avent.

Quant à la mise en garde de M. Darmanin, qui n'hésitera pas à "envoyer les policiers et gendarmes verbaliser", en cas "d'acte répété" et "manifestement contraire aux lois de la République", les catholiques qui manifesteraient pour la réouverture des messes, l'élu des Yvelines a jugé que ce n'est pas la bonne "réponse" à des fidèles "qui expriment leur attente".

A l'inverse, le député LR Eric Woerth a pour sa part dit "comprendre" l'interdiction des messes, celles-ci constituant des "rassemblements".

En revanche, "ce serait incompréhensible que les églises ne soient pas ouvertes à Noël", a-t-il mis en garde dans Questions politiques (France inter/Le Monde/France télévisions).

Depuis le reconfinement, les lieux de culte peuvent rester ouverts mais les cérémonies avec public sont interdites, à l'exception des cérémonies funéraires dans la limite de 30 personnes.

"Il faut rappeler les règles et il faut laisser les familles fêter dignement et normalement Noël", a encore insisté le président de la commission des Finances de l'Assemblée.

Interrogé sur BFMTV, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a elle aussi plaidé pour le retour des messes, les lieux de culte étant "en général assez vastes pour permettre le respect des distances".

"Il me paraît que l'exercice du culte est pour un grand nombre de nos compatriotes un soutien important dans un moment de vives tensions, de grandes angoisses", a-t-elle fait valoir.

A l'opposé, le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a, sur France 3, défendu l'interdiction.

"Je comprends le désarroi des catholiques car Noël approche (...) et en plus les catholiques ont été durement touchés par les attentats de la Toussaint", a-t-il souligné.

"Mais je m'en tiens à un principe de responsabilité. C'est dur mais on doit tenir ensemble", a appuyé M. Bayou.

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