Lafarge en Syrie : l'État français savait-il ?

Lafarge en Syrie : l'État français savait-il ?
Lafarge est soupçonné d'avoir financé des organisations jihadistes dont l'État islamique, pour continuer à faire fonctionner sa cimenterie de Jalabiya, en Syrie.

Orange avec AFP, publié le vendredi 13 octobre 2017 à 08h31

JUSTICE. L'ONG Sherpa demande à la justice d'auditionner Laurent Fabius dans l'enquête sur les activités du cimentier français Lafarge en Syrie, ainsi que deux anciens ambassadeurs en Syrie, révèle France Info vendredi 13 octobre.

Les autorités françaises étaient-elles au courant des activités de Lafarge en Syrie ? Le cimentier est soupçonné d'avoir financé indirectement des organisations jihadistes dont l'État islamique, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, sa cimenterie de Jalabiya, au nord de la Syrie.

Depuis le mois de juin, trois juges ont ouvert une enquête sur des soupçons de financement du terrorisme et de mise en danger de la vie de ses salariés à l'encontre du groupe français.

L'ONG Sherpa, qui défend des anciens salariés syriens du leader mondial des matériaux de construction, réclame aujourd'hui l'audition par la justice de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de mai 2012 à février 2016, ainsi que celle de deux anciens ambassadeurs en Syrie, révèle France Info vendredi 13 octobre. "La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire", estime la responsable du contentieux de Sherpa, Marie-Laure Guislain. "L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité", note-t-elle.



Contrairement au pétrolier Total ou à d'autres multinationales, le cimentier avait décidé de rester malgré la présence de Daesh. Cette volonté de rester aurait reçu l'aval des autorités françaises. "Le quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler (...) On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit : 'Maintenant il faut que vous partiez'", a relevé Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, ont dévoilé les enquêteurs début octobre.

De source diplomatique, on conteste vivement cette version. Le ministère des Affaires étrangères aurait "alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie".

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