La ville de Reims se porte candidate pour tester la légalisation du cannabis

La ville de Reims se porte candidate pour tester la légalisation du cannabis
Arnaud Robinet à Reims, le 16 janvier 2020.

, publié le jeudi 10 septembre 2020 à 11h52

Il dénonce la mise en place de l'amende forfaitaire de 200 euros pour consommation de stupéfiants, "une réponse politicienne de court terme".

Le maire Les Républicains de Reims, Arnaud Robinet, plaide pour a légalisation du cannabis, ou tout du moins l'ouverture d'un "vrai débat" sur le cannabis pour "étudier les conséquences d'une légalisation de (sa) vente". Dans une lettre au Premier ministre dévoilée jeudi 10 septembre, il propose sa ville pour mener des "expérimentations locales".

"Cette réflexion, dont l'engagement nécessite un certain courage, pourrait déboucher sur la mise en place d'expérimentations territoriales limitées dans le temps", propose Arnaud Robinet.

"Reims pourrait alors candidater", ajoute-t-il dans ce courrier à Jean Castex daté du 8 septembre.


"Sur la question de la légalisation, il faut sortir de l'idéologie et être pragmatique", précise l'ancien député. "La France a l'arsenal répressif le plus strict d'Europe et pourtant, c'est le pays qui compte le plus de consommateurs de cannabis: 11% des Français, trois fois plus qu'il y a 30 ans", argumente-t-il. "L'amende forfaitaire de 200 euros pour consommation de stupéfiants, testée à Reims, est une réponse politicienne de court terme", estime le maire LR, conscient de n'être guère suivi sur cette voie par sa famille politique. "C'est une question générationnelle", tranche-t-il.

La proposition d'Arnaud Robinet a d'ores et déjà rencontré un accueil favorable de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA). "Nous sommes prêts à accompagner une expérimentation sur une légalisation encadrée du cannabis que nous demandons depuis 2011", affirme le Dr Alain Rigaud, président de l'ANPAA de la Marne.

"Ce n'est pas une bonne idée", rétorque Michel Corriaux, secrétaire général Grand Est du syndicat policier Alliance. "Cela serait un aveu de faiblesse par rapport aux délinquants", juge-t-il. "Le sujet dépasse l'institution policière", nuance le secrétaire régional Champagne-Ardenne Unité SGP Police-FO. "Mais les revendeurs ne risquent-ils pas de s'adapter en trouvant une autre forme de délinquance ?", interroge Christian Pous, relayant des propos de "policiers de terrain".

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