La ville de Paris veut supprimer la moitié des places de stationnement en surface

La ville de Paris veut supprimer la moitié des places de stationnement en surface
Cyclistes et voitures dans une rue de Paris (illustration)

, publié le mardi 20 octobre 2020 à 11h15

L'espace libéré par ces 70.000 places supprimées doit servir à "végétaliser la ville", "rendre l'air plus respirable" ou encore "rendre l'espace public aux Parisiens" et réduire les nuisances sonores liées à la circulation, selon l'adjoint chargé aux Transport David Belliard.

"On ne peut plus utiliser 50% de la capitale pour l'automobile alors qu'elle ne représente que 13% des déplacements", estime l'adjoint à la mairie de Paris chargé des Transports David Belliard dans un entretien au Parisien publié mardi 20 octobre. Par conséquent, la municipalité souhaite "supprimer la moitié des places de stationnement" en surface d'ici la fin de la mandature.

Cela représente environ 70.000 places sur les 140.000 que compte la capitale et une superficie de 65 hectares. 



L'espace libéré par ces places doit "être dédié à d'autres usages que la voiture", explique David Belliard qui indique qu'une consultation doit être lancée cette semaine auprès des Parisiens pour déterminer ces usages. L'élu EELV a quelques idées : "végétaliser la ville pour nous adapter à l'accélération du dérèglement climatique", "rendre l'air plus respirable" ou encore "rendre l'espace public aux Parisiens qui vivent souvent dans des appartements exigus et aspirent à plus de calme". "60 % des nuisances sonores sont liées à la circulation", pointe-t-il dans le quotidien. 

Néanmoins souligne l'adjoint aux Transports, "aucune place de stationnement dédiée aux personnes en situation de handicap ne sera supprimée" et une partie des places de stationnement seront réservées "aux professionnels qui ont besoin de leur voiture pour se déplacer". Quant aux Franciliens qui ne peuvent pas venir à Paris autrement qu'en voiture, "ils pourront se garer en sous-sol", affirme David Belliard.

De fait, la municipalité souhaite "optimiser le gisement des places (de parking) en sous-sol, cinq fois plus nombreuses que celles en surface", selon l'élu EELV. Pour cela, elle va demander aux bailleurs sociaux de dresser un état des lieux des parkings à leur charge et engager une discussion avec les gestionnaires de parkings. "Notre politique devrait contribuer à augmenter le taux d'occupation de leurs parkings. En contrepartie, j'ai bon espoir que des tarifs abordables seront proposés à une partie des clients, notamment pour le résidentiel", veut croire David Belliard. 

Dans l'opposition comme du côté de la région, les suppressions de places annoncées font grincer des dents. L'entourage de la présidente de la région Valérie Pécresse estime que "les habitants de la banlieue et les entrepreneurs subiront les conséquences sans jamais avoir été consultés". Le maire LR du 15e Philippe Goujon dénonce lui "une folie". 
 

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