La tuerie de Chevaline, un mystère qui dure depuis presque 10 ans

La tuerie de Chevaline, un mystère qui dure depuis presque 10 ans
Le 5 septembre 2012, trois Britanniques membres d'une même famille avaient été tués de plusieurs balles dans la tête dans leur voiture près de Chevaline (Haute-Savoie). (Photo datée du 18 février 2014)

publié le samedi 15 janvier 2022 à 07h00

REPERES. Une personne a été placée en garde à vue cette semaine dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline, en Haute-Savoie, survenu en 2012, remettant sur le devant de la scène cette affaire qui reste non élucidée à ce jour.

En septembre 2012, trois membres d'une même famille et un cycliste étaient découverts assassinés sur un parking forestier proche de la petite commune de Chevaline (Haute-Savoie).

Ce qu'on appelle l'affaire de la "tuerie de Chevaline" a depuis donné lieu à des milliers d'heures d'enquête et d'auditions, des tonnes de documents épluchés et quatre interpellations, sans avoir pu être élucidée à ce jour. 




Le point sur cette affaire qui compte  parmi les grandes énigmes judiciaires qui ont tenu la France en haleine ces cinquante dernières années. 

Une macabre découverte

Le 5 septembre 2012, en milieu d'après-midi, un cycliste amateur découvre sur un parking isolé près de Chevaline, à 20 km d'Annecy, trois personnes tuées par balles dans une BMW immatriculée en Grande-Bretagne. Un cycliste randonneur, Sylvain Mollier, est également trouvé mort à proximité. Une fillette gravement blessée à la tête gît près de la voiture. Vers minuit, une enfant est découverte cachée sous les jupes de sa mère qui est morte, à l'arrière de la voiture, prostrée mais indemne.

Le lendemain, on identifie les victimes : une famille britannique en vacances dans un camping voisin. Le père, Saad al-Hilli, 50 ans, né à Bagdad (Irak) et domicilié près de Londres (Grande-Bretagne), son épouse de 47 ans, et la mère de cette dernière, 74 ans. Tous trois ont reçu une balle dans la tête d'un seul et même pistolet automatique 7,65 mm.

Les deux fillettes du couple, Zeena, indemne, et Zainab, gravement blessée et qui se réveillera de son coma quatre jours après le drame, ont respectivement 4 et 7 ans.




Trois pistes

Le 7 septembre les enquêteurs évoquent un litige concernant l'héritage de leur père entre Saad al-Hilli et son frère Zaid, qui se présente de lui-même à la police britannique pour se disculper.

Un témoin dit avoir croisé une voiture blanche "un peu folle" non loin du lieu du crime, d'autres parlent d'un 4X4 de couleur sombre, et d'une moto.

Trois pistes sont privilégiées : un crime lié aux activités du père, ingénieur spécialisé dans les satellites civils, la piste familiale, et celle de l'Irak, pays d'origine de la famille. Le 14, Zainab dit n'avoir vu qu'un "méchant". Elle rejoint sa petite soeur en Grande-Bretagne.

Un appel à témoins est lancé par la gendarmerie tandis que le rapport balistique révèle que le cycliste a été touché le premier, probablement une victime collatérale.

Pistes écartées

Une trentaine de personnes se manifestent après l'appel lancé le 29 avril 2013 par les gendarmes à toute personne qui "aurait pu entrer en contact avec un ou plusieurs individus ayant circulé" dans un 4X4 gris vu à proximité du lieu du crime.

Le 24 juin, Zaid al-Hilli, frère de Saad, est placé en garde à vue en Grande-Bretagne, puis libéré le lendemain et placé sous contrôle judiciaire jusqu'en janvier 2014. 

Le 6 septembre 2013, le parquet évoque la piste de "l'espionnage industriel et du transfert de technologie", et le 4 novembre un portrait-robot d'un motard - portant un bouc et un casque - aperçu sur les lieux, est diffusé. Cet homme, un chef d'entreprise venu faire du parapente, sera retrouvé en 2015 mais assez vite exclu des probables suspects.

Le 18 février 2014, un ancien policier municipal révoqué, collectionneur d'armes et vivant en Haute-Savoie, est interpellé et placé en garde à vue, mais cette piste est vite écartée : l'homme ne paraît pas à ce stade impliqué dans le quadruple meurtre de Chevaline, annonce le procureur d'Annecy.

Nouvelle garde à vue, neuf ans après

Mercredi 12 janvier 2022, la nouvelle procureure d'Annecy annonce la mise en garde à vue d'une personne pour "procéder à des vérifications d'emploi du temps" et précise que "des perquisitions sont en cours" à son domicile. Ce suspect sera finalement libéré le lendemain et mis hors de cause. 
 

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