La réforme de l'accès à l'université passe son examen à l'Assemblée

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 Une vue générale prise le 6 décembre 2017 de l'Assemblée nationale qui doit débattre des nouvelles règles d'accès à l'université

Une vue générale prise le 6 décembre 2017 de l'Assemblée nationale qui doit débattre des nouvelles règles d'accès à l'université

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© AFP, BERTRAND GUAY
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AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 07h14

L'Assemblée lance mardi les débats sur les nouvelles règles d'accès à l'université, une "transformation en profondeur", selon le gouvernement, mais un projet jugé timoré à droite et accusé à gauche d'instaurer une "sélection" faute de moyens suffisants face à l'afflux d'étudiants.

Supprimer le tirage au sort dans les filières en tension dès 2018 et réduire le taux d'échec en première année de fac (atteignant 61% en licence) figurent parmi les objectifs du projet de loi "relatif à l'orientation et à la réussite des étudiants", porté par la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.

"Face visible de la réforme", selon les termes de la ministre: la nouvelle plateforme Parcoursup destinée à remplacer sous peu la controversée APB, qui a conduit à tirer au sort "plus de 66.000 étudiants" et à "priver des milliers de jeunes bacheliers d'affectation cet été".

Avec ce système voulu plus "juste", chaque université traitera la demande d'inscription de manière personnalisée et répondra au vu des "attendus", compétences requises pour être admis dans la filière souhaitée.

Jusqu'alors, la seule condition pour suivre la licence générale de son choix était d'avoir le bac (et d'être tiré au sort pour les filières les plus demandées).

Il y aura un "cadrage national" pour les "attendus", ont ajouté les députés en commission, le rapporteur Gabriel Attal (LREM) expliquant à l'AFP qu'il s'agit notamment d'éviter la compétition entre établissements et les inégalités sociales, en exigeant par exemple des prérequis coûteux comme le Bafa. L'ensemble des établissements devront être sur la plateforme d'ici à 2020. 

Traduction législative du plan étudiant présenté en octobre, la réforme, qui passe aussi par une orientation renforcée au lycée, est assortie d'un financement de près d'un milliard d'euros sur la législature.

Le texte n'a pas jusqu'à présent suscité de fortes mobilisations de la jeunesse, mais plusieurs organisations, dont l'Unef et le syndicat lycéen UNL, ont appelé à une mobilisation mardi, avec des délégations aux abords de l'Assemblée à 12H00. Ils protestent contre une remise en cause du "principe de libre accès à l'université" et une "logique de sélection".

- 'Fermer le robinet' -

Le rapporteur s'attend à "des débats plutôt apaisés" dans l'hémicycle, l'examen en commission ayant montré "plusieurs constats partagés par les différents groupes politiques", dont "la nécessité de sortir du tirage au sort" qui est "profondément injuste". 

Il y aura néanmoins des débats sur "le sens de la réforme", pense-t-il, jugeant "faux" de parler de sélection car "cela sous-entendrait que l'on veut fermer les portes de l'université", alors que l'enjeu est "au contraire de les ouvrir en donnant à chacun un accompagnement personnalisé pour réussir".

Le texte compte une dizaine d'articles, sur lesquels quelque 250 amendements seront examinés d'ici à jeudi. Il a l'aval des députés LREM et MoDem, les UDI-Agir l'abordant aussi "avec bienveillance".

Des élus LR ont en revanche jugé que "la révolution annoncée accouche d'une petite souris", dénonçant "une approche trop minimaliste".

Pour Nouvelle Gauche, le texte "marque l'abandon de la règle traditionnelle selon laquelle tout candidat est libre de s'inscrire dans l'établissement de son choix".

"Plutôt que d'agrandir l'évier", le gouvernement décide de "fermer le robinet en imposant des critères", a aussi jugé en commission l'Insoumise Sabine Rubin, alors que d'ici à 2025, 2,9 millions d'inscriptions devraient être recensées dans l'enseignement supérieur, soit environ 360.000 de plus qu'en 2015, en raison de la reprise démographique. 

Il faut "mettre les moyens nécessaires au lieu de chercher à éliminer un certain nombre de jeunes, comme va le faire cette loi", a aussi lancé la communiste Marie-George Buffet.

Le texte prévoit par ailleurs le rattachement progressif des étudiants au régime général de la Sécurité sociale dès la rentrée 2018. Via un amendement, le rapporteur entend leur permettre d'être représentés au conseil d'administration de l'Assurance maladie, afin qu'ils puissent participer à la politique de prévention.  

 
5 commentaires - La réforme de l'accès à l'université passe son examen à l'Assemblée
  • LR et la nouvelle gauche sont contre normal ils ont laissé pourrir le système sans rien faire sans doute que pour eux le nombre d'étudiants dans les cafés le jeudi soir c'était un signe de bonne sante de l université !

  • Quel avenir pour nos jeunes : entre des jeunes qui passent beaucoup de temps devant leur smartphone , des enseignants qui donnent des cours on ne sait leur contenu et leur évaluation !!! Il est plus que temps d'agir .Certains jeunes on échoué tout simplement par des cours inadaptés et qui n'ont pas eu de cours privés faute de moyen financier des parents pour les rattraper alors que d'autres en ont bénéficié. Pourquoi ne pas noter les enseignants comme les élèves sur leur résultat comme cela se fait dans d'autres pays . Pourquoi ne pas prendre en considération l'absence des étudiants à la facultés dès le départ et en fonction prendre une déçision d'éjection permettant à d'autres plus motivé de rentrer . Contrôler les cours , pourquoi en France serait on incapable de former nos jeunes ,de satisfaire des filières en manque important de candidats ,la sois disant sélection est elle réellement bien faite? ou à la tête du candidat selon la provenance de ce dernier Pourquoi va t'on chercher les médecins en Roumanie et au proche Orient . Quelle formation ont ' il eu ? Je suis sur qu'en France nous avons des jeunes motivés mais qui sont dégoutés par une formation inadaptée qui n'a que pour seule objective de donner du travail a des enseignants et qui n'aboutit à rien ,il est temps de faire du ménage ,le business a assez duré , une profession qui souhaite réduire les candidats pour augmenter leur tarif et des écoles qui veulent développer leur gain .

  • Réduire le taux d'échec en première année de fac (atteignant 61% en licence) figurent parmi les objectifs du projet de loi,
    Les "Boutonneux" de la secte LREM vont encore se "gratter" les fesses pour pas grand chose ...
    61 % d'échec en licence, ce n'est pas une loi qui va changer la face de ce résultat,
    Si il y a autant d'échec, ne faut-il pas regarder le manque de niveau de la seconde jusqu'au BAC et surtout revoir l'orientation des élèves post BAC. Cela s'appelle le travail pour les élèves et leur prof, et pour l'administration du ministère de l'éducation nationale de l'organisation ; il n'est point nécessaire d'une loi !!!

  • Tout à fait l'orientation est à revoir et le cursus commun également. A la sortie des écoles, les jeunes sont incapables de faire des démarches de la vie courante tout seul parce qu'ils ne savent pas, il est anormal de voir des bacs +++ ouvrier maçon, terrassier, etc.. c'est bien mais ils auraient pu intégrer une formation adéquate avant. Puis il faut revaloriser le travail artisanal, on manque de travailleur dans certain domaine et ce n'est pas une honte d'être électricien ou éboueur. Mitterand voulait des bacheliers mais on a fait des bacheliers pour le plaisir.

  • Attendons de voir ce que ça va donner. mais l'entrée en FAC ne pouvait plus continuer comme ça. Entre ceux qui y vont pour ne pas aller en milieu pro, ceux qui n'y vont pas directement, car jugés " trop bons", et s'épuisent dans des prépa qu'ils ne voulaient pas au départ, force est de reconnaître que le chemin était bien difficile. Sans parler de ceux qui ont eu un mal fou à suivre en filière de Bac, qui entrent en fac par " gloriole" ou sous la pression familiale, vivent un enfer, échouent, et vivent très mal cette erreur d'orientation. L'orientation en France est totalement à revoir, et les CIO ne servent pas à grand chose, pour dire vrai, si ce n'est à lire aux postulants des fiches métiers qu'on trouve sur internet.

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