La Redoute : mis à pied pour avoir mangé une clémentine, il gagne en appel

La Redoute : mis à pied pour avoir mangé une clémentine, il gagne en appel
Un salarié de La Redoute avait été mis à pied pour avoir mangé à son poste de travail

publié le dimanche 30 mai 2021 à 15h50

Dans cette affaire qui a duré quatre ans et a donné lieu à deux procès, la pomme de discorde a pris la forme d'une clémentine. 

Un préparateur de commande de La Redoute près de Lille, dont la mise à pied pour avoir mangé une clémentine à proximité de son poste de travail avait été validée par les prud'hommes, a finalement gagné en appel, selon un arrêt consulté samedi par l'AFP.

Dans sa décision du 28 mai, la chambre sociale de la cour d'appel de Douai a annulé la sanction, la jugeant "disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés, dès lors qu'aucune autre sanction ne lui avait été infligée et qu'il bénéficie d'une ancienneté remontant à septembre 2004".

La Redoute condamnée
Elle reconnaît que le salarié, également délégué CGT, "n'a pas respecté les consignes qui lui ont été données par ses responsables hiérarchiques en matière d'hygiène, que les faits sont avérés et que la sanction était légitime". "Cependant le règlement intérieur prévoit une échelle des sanctions faisant apparaître la mise à pied disciplinaire en seconde position après l'avertissement et juste avant la mutation disciplinaire", ajoute-t-elle, condamnant l'entreprise à payer 77,53 euros de rappel de salaire et congés payés.

Le 7 novembre 2017, Smaïl Bella se levait à 04h30 pour prendre son poste au site de logistique de Wattrelos à 06h00. Vers 09h00, il s'est reculé de son poste de "picking" - lieu où les salariés alignés sur une chaîne de production prennent les marchandises et les scannent pour les envoyer aux clients - pour manger une clémentine en dehors du temps de pause, avant de poser les épluchures près de son poste, ce qui pouvait détériorer les articles selon la direction. Repéré par l'agente de maîtrise, il est mis à pied une journée.

Il avait contesté cette sanction auprès des prud'hommes de Roubaix, qui avait donné raison à la direction le 15 novembre 2019.

La direction soulignait que le règlement intérieur interdisait toute nourriture au poste de travail, et rappelait aussi que Smaïl Bella avait eu un rappel à l'ordre deux mois plus tôt, pour être allé chercher des sucreries sans prévenir.

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