La radicalisation dans les services publics français est marginale

AFP, publié le mercredi 26 juin 2019 à 14h08

Les services publics en France, notamment les secteurs cruciaux de la sécurité et de l'éducation, sont peu touchés par la radicalisation mais la menace persiste et des progrès restent à faire dans les prisons, la santé et les transports, selon un rapport parlementaire publié mercredi.

Dans un pays marqué par les attentats et le départ de plus de 1.500 personnes en Irak et en Syrie, les auteurs, les députés Eric Poulliat (LREM, majorité présidentielle) et Eric Diard (LR, opposition de droite), se veulent globalement rassurants en appelant à la vigilance.

"La radicalisation est loin d'être un problème majeur au sein des services publics, l'État a pris des mesures ces dernières années", mais "il existe encore des trous dans la raquette", explique à l'AFP. M. Poulliat.

La radicalisation suppose de considérer que "l'action violente contre l'État" est "légitime", rappelle-t-il. "Elle ne doit pas être confondue avec une pratique rigoriste de la religion, le fondamentalisme ou les atteintes à la laïcité".

Selon le rapport, l'armée, la police, la gendarmerie et l'Éducation nationale "ne sont touchées par la radicalisation que de façon marginale". Les cas soupçonnés - et pas nécessairement avérés - concernent 0,05% des effectifs dans l'armée de terre, 0,03% dans la marine et une trentaine de situations dans la police et la gendarmerie (sur un total de 130.000 gendarmes et 150.000 policiers).

Il s'inquiète néanmoins de "zones d'ombre" dans la santé, l'université, les transports, la détention carcérale et le sport. 

Il souligne particulièrement le niveau de radicalisation chez les détenus, inquiétant dans un contexte de "surpopulation carcérale". Cherif Chekatt, l'auteur d'un attentat sur un marché de Noël à Strasbourg (est) en 2018, et Mehdi Nemmouche, auteur de l'attentat du musée juif de Bruxelles en 2014, "se sont radicalisés en prison", rappelle Eric Diard.

Côté transports, à l'aéroport parisien de Roissy, sur 80.000 personnes titulaires d'un badge d'accès aux zones "réservées", 80 font l'objet d'un suivi régulier pour radicalisation et 29 d'un suivi ponctuel.

La RATP (Régie autonome des transports parisiens) a indiqué avoir reçu plus d'une centaine d'avis négatifs sur des candidatures d'agents de la part du Service national des enquêtes administratives de sécurité (SNEAS) chargé de détecter les profils suspects. L'un des kamikazes des attentats parisiens de novembre 2015 au Bataclan, Samy Amimour, avait été chauffeur de bus RATP. 

Dans le sport, ils ont remarqué "une montée des clubs communautaires, dans le football par exemple", et "une infiltration radicale dans les sports de combat".

Les auteurs plaident notamment pour un contrôle accru dans les secteurs en contact avec la jeunesse.

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