La Provence craint de perdre ses champs de lavande

La Provence craint de perdre ses champs de lavande©Panoramic

publié le vendredi 27 août 2021 à 16h15

Renaud Muselier s'est rendu à Valensole, jeudi 26 août, en soutien aux producteurs de lavande. Le secteur est menacé par un projet de réglementation européenne, précise BFMTV.
 
La Provence est en alerte.

Dans le cadre de son "Pacte vert", l'Union européenne prévoit de renforcer les réglementations relatives à la classification et l'étiquetage des produits toxiques. Dès 2025, les huiles essentielles, comme celle de lavande, pourraient entrer dans la catégorie des substances chimiques. Certaines molécules présentes naturellement dans la plante pourrait en effet entraîner des allergies, ou contenir des perturbateurs endocriniens. Les producteurs s'inquiètent des répercussions.  

Des élus de la région et représentants de la profession se sont réunis jeudi 26 août pour une table ronde à Puimoisson, un petit village situé près de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), indique La Provence. "On confond le danger et le risque. Pour moi, c'est inadmissible, c'est une attaque sur les produits naturels injustifiée", a déclaré Alain Aubanel, lavandiculteur et président du syndicat des plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France (PPAM). Ce dernier a souligné, ainsi que le rapporte La Provence, l'importance de "monter à Bruxelles" avec "une position française".



Renaud Muselier défendra les intérêts des producteurs

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, qui avait fait le déplacement à Valensole, semble avoir entendu son appel. "Nous avons une capacité d'action", a déclaré ce dernier, précisant que "tel que ça fonctionne au niveau européen, ce sont les territoires qui fabriquent leur propre dossier en fonction de la stratégie européenne", toujours selon La Provence. Ce dernier s'est ensuite engagé à se rendre "fin septembre ou fin octobre faire pression à Bruxelles". "C'est important d'aller faire ce lobby au niveau européen pour expliquer que la lavande et le lavandin ne sont pas toxiques", a-t-il justifié, avant de renouveler son soutien aux producteurs sur les réseaux sociaux. "Aux côtés des professionnels de la filière, mon engagement est total", a tweeté Renaud Muselier à l'issue de sa visite.

Des conséquences sur l'emploi et le tourisme

La filière de la lavande génère pas moins de 9 000 emplois directs et 17 000 emplois indirects, rappelle le PPAM dans un communiqué. La France est par ailleurs le premier producteur mondial d'huile essentielle de lavandin, et le deuxième producteur d'huile de lavande. La nouvelle réglementation européenne pourrait menacer à court terme la moitié de la centaine de distilleries d'huile essentielle françaises, et avoir un impact sur le tourisme.

"Ça implique beaucoup moins de ventes pour nous. Qui dit beaucoup moins de ventes, dit plus de revenus. Et si on a plus de revenus, les paysages provençaux comme j'ai derrière chez moi ou comme on a sur les belles cartes postales, on va plus en trouver", a confié Rémi Angelvin, exploitant de lavande à Valensole, au micro de BFM DICI. Le PPAM a lancé une pétition en ligne, qui recueille à ce jour plus de 135 000 signatures. De son côté, la Commission européenne a assuré sur Twitter, fin juillet, agir "afin de mieux protéger les consommateurs et l'environnement", et que "tous les acteurs de la filière seront largement consultes avant la présentationpropositions".

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