La prière chrétienne du "Notre-Père" modifiée

La prière chrétienne du "Notre-Père" modifiée

La plus connue des prières chrétiennes a été légèrement retouchée.

Orange avec AFP, publié le dimanche 03 décembre 2017 à 11h00

Une version légèrement retouchée du "Notre Père" entre en vigueur ce week-end dans les églises françaises. Une modification qui a fait couler beaucoup d'encre.

Exit "et ne nous soumets pas à la tentation", qui pouvait laisser penser que les fidèles étaient poussés par leur Dieu sur la pente glissante du péché.

Place à "et ne nous laisse pas entrer en tentation", qui érige plutôt leur Créateur en protecteur bienveillant. Le nouveau texte, qui ne modifie que cette sixième "demande" d'une prière qui en compte sept, sera dit dans toute célébration catholique en France à partir de ce dimanche 3 décembre, premier dimanche de l'Avent, qui ouvre l'année liturgique.

L'OCCASION A FAIT LE LARRON

Adoptés par la commission épiscopale catholique chargée des traductions liturgiques pour les pays francophones, les trois petits mots qui changent ont également été ratifiés par l'Eglise protestante unie de France (EPUdF). Les catholiques du Bénin et de Belgique ont précédé le mouvement dès la Pentecôte, en juin. Et même en France, nombre de paroisses ont déjà introduit la nouvelle formule, tablant sur une longue période de transition pour faire entrer dans les moeurs cette modification d'une des rares prières récitées de mémoire.



"C'est un changement qui va bouleverser certaines habitudes, susciter un peu de bafouillage pendant quelque temps", a prédit Mgr Guy de Kerimel, président de la commission épiscopale pour la liturgie au sein de la Conférence des évêques de France (CEF). Pourquoi changer une prière si familière, dont la formulation actuelle n'avait pas varié depuis plus d'un demi-siècle ? L'occasion - la traduction intégrale de la Bible liturgique en français, qui a mobilisé pendant 17 ans théologiens, exégètes et traducteurs - a fait le larron.

INTERPRÉTATION "AMBIGUË"

Publiée en novembre 2013, cette nouvelle Bible comporte bien la formule "et ne nous laisse pas...". Mais pour que le "Notre Père" change à la messe, ce n'est pas la Bible qui fait foi, mais le missel romain. Or sa nouvelle traduction ne sera pas prête avant 2019. Lassés d'attendre, les évêques francophones ont pris les devants pour le seul "Notre Père".



Il faut dire que le texte de 1966, fruit d'un compromis oecuménique dans la foulée du concile Vatican II, n'a jamais fait l'unanimité. Dieu peut-il soumettre ses enfants à la tentation, domaine réservé du diable ? Le théologien protestant Jacques Ellul jugeait cette thèse absurde, quand d'autres croyants, notamment dans les rangs catholiques, y voyaient un présupposé quasi blasphématoire.

"En soit, la traduction n'était pas fausse, mais l'interprétation était ambiguë", arbitre Mgr Guy de Kerimel. Fidèle au texte grec des évangélistes Matthieu et Luc, sinon à la manière - incertaine - dont Jésus aurait prononcé ces mots dans sa langue araméenne, l'ancienne formule pouvait contredire l'esprit des Écritures. 



La nouvelle n'a pas non plus que des adeptes. Pour le Conseil national des évangéliques de France (Cnef), elle évite certes mieux l'idée que le Créateur "serait responsable de la tentation, mais elle édulcore la souveraineté de Dieu". "Dieu permet que nous soyons tentés", soutient aussi l'abbé catholique traditionaliste Guillaume de Tanoüarn, pour qui "le salut est une lutte" et ne relève pas du "monde des bisounours métaphysiques".

"UNE RÉPONSE AU DÉFICIT DE FRATERNITÉ DE NOS SOCIÉTÉS"

L'animateur-philosophe Raphaël Enthoven a, lui, fait l'hypothèse sur Europe 1 que si le mot "soumets" disparaissait, c'est que l'Église voulait "se prémunir contre toute suspicion de gémellité" avec l'islam qui, "dit-on, signifie soumission". Soupçon "triste et ridicule", a cinglé le porte-parole des évêques, Mgr Olivier Ribadeau Dumas. Le chroniqueur a sans tarder fait son "mea culpa", présentant ses "excuses plates aux gens de bonne volonté, nombreux, qui prient du fond du cœur et ne connaissent pas la haine".



L'Église espère pour sa part que la modification opérée sera "l'occasion pour les chrétiens de se réapproprier" le Notre Père. Une prière dans laquelle Mgr de Kerimel voit "une réponse au déficit de fraternité de nos sociétés".

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112 commentaires - La prière chrétienne du "Notre-Père" modifiée
  • aussi on qu'on puisse remonter , Dieu a toujours ete dit 'infiniement bon"--la version du Vatican, donnait Dieu comme tentateur..;; ce qui fit hurler les tradis et autres-- a juste titre--on s'est donc trimbalé cette irrespect depuis 50 ans......-- il faut quand même considerer la Bible---" Dieu ne tente personne""-- mais , on sait :"que Dieu envoie une puissance d'egarement" Thess--c qui signifie qu'il lève la main de sur nous ---pour nous eprouver ? ? ,---et l'on peut trouver -:"aucune tentation ne vous est survenuequi n'ait ete humaineet Die ,qui est fidèle ne permettra pas que vous soyez tentés au dela de vos forces ; mais avec la tentation,il preparera aussi le moyen d'en sortir ""Cor I...........alolrs , la dernière version s'impose et n'aurait jamais etre changée .

  • Le Notre Père

  • La première épreuve se déroule dans le jardin d’Éden
    Dieu a bien soumis Adam et Eve à la tentation en leur demandant de ne pas toucher à la pomme.
    Épreuve qui est appelée à disparaitre puisque on demande à Dieu de ne pas nous "laisser" entrer en tentation.
    Cela veut dire que ce n'est plus à l'homme de résister à la tentation mais à Dieu de faire en sorte qu'il ne soit pas tenté.

  • laure-hanz-dharabi
    Dieu n'attend rien, tout relève du charlatanisme ; Peut-être, voire sans doute même....Cependant pourquoi retirer aux croyants ce simple plaisir qui est de croire en quelqu'un de plus sage ?
    Croyez vous que notre société soit si belle ? mieux vaut croire en un Dieu spirituel que d'être fan de gens égocentriques qui tous les jours s'encensent eux-mêmes un peu plus.

  • drôle de drame
    Dieu n'attend rien, en fait cela résume ce que j'ai dit.
    Quant à dire que je suis "simple d'esprit" vous vous avancez sans savoir ce que je suis réellement....N'est pas simple d'esprit qui veut, il ne faut jamais se fier aux apparences; Jésus selon certains était un faible d'esprit;