La nouvelle loi antiterroriste soumise au Conseil constitutionnel

La nouvelle loi antiterroriste soumise au Conseil constitutionnel

L'entrée du Conseil Constitutionnel à Paris.

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AFP, publié le jeudi 28 décembre 2017 à 19h08

Le Conseil constitutionnel devra se prononcer dans les trois mois sur les mesures-clés de la nouvelle loi antiterroriste : le Conseil d'État a transmis jeudi des recours contre ce texte controversé, qu'Emmanuel Macron n'avait pas voulu soumettre lui-même aux Sages.

Cette loi, votée dans une France traumatisée par une vague d'attentats jihadistes qui a fait 241 morts depuis 2015, a pris le relais de l'état d'urgence le 1er novembre. Les quatre questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) transmises au Conseil constitutionnel ont été déposées par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et par un Français assigné à résidence à Grenoble. 

Elles visent les quatre premiers articles de la loi "renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme". Ils concernent les "périmètres de protection" mis en place afin de sécuriser un lieu ou un événement susceptible d'être exposé à un risque terroriste, ainsi que les "fermetures de lieux de cultes". Sont également visées les "mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance" et les "visites et saisies" qui ont succédé aux perquisitions administratives.

Selon la LDH, ces dispositions "méconnaissent la liberté d'aller et venir, le droit au respect de la vie privée, (...) la liberté religieuse, la liberté d'expression, (...) l'inviolabilité du domicile". Elles "reprennent les grands traits de celles mises en oeuvre dans le cadre de l'état d'urgence" et "sont par essence attentatoires aux libertés fondamentales", juge l'association. Elle a mis en garde contre les "risques de détournements" d'une loi conçue pour répondre à la menace terroriste.

"La LDH est très satisfaite", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de l'ONG, Patrice Spinosi, après l'annonce de la transmission des QPC. Il s'agit de "mesures phares" qui ont été, selon lui, "extrêmement contestées". "Grâce à cette action, le débat de la conformité avec la Constitution va pouvoir se tenir", s'est félicité l'avocat. 

- "Pouvoirs exorbitants" -

Le président Emmanuel Macron avait choisi de ne pas demander le contrôle par le Conseil constitutionnel de cette loi, adoptée à une large majorité au Parlement, jugeant le "texte pleinement satisfaisant". C'est donc par le biais de recours déposés par de simples citoyens et associations que ce contrôle peut s'effectuer, comme la loi introduisant les QPC le permet depuis 2010.

Lors de l'audience au Conseil d'Etat le 20 décembre, le rapporteur public - qui dit le droit et dont les avis sont généralement suivis - avait demandé la transmission des QPC au Conseil constitutionnel. Il avait décrit les dispositions antiterroristes adoptées ces dernières années et surtout le renforcement des pouvoirs de police administrative comme "un univers en expansion constante".

Ces "nouveaux pouvoirs" confiés aux préfets en matière de contrôle et de répression sont effectivement "directement inspirés des pouvoirs exorbitants dont disposent les autorités de police administrative dans le cadre de l'état d'urgence", avait-il déclaré.

Le Conseil constitutionnel a déjà été saisi le 1er décembre d'une QPC sur la loi antiterroriste. Ce recours visait les "mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance", qui ont remplacé les assignations à résidence en vigueur sous l'état d'urgence, régime d'exception instauré au soir des attentats du 13 novembre 2015.

Les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth avaient déposé ce recours au nom de leur client Farouk Ben Abbes, une figure de la mouvance islamiste radicale. Ce dernier avait été assigné à résidence le 17 novembre 2015, une mesure qui avait été régulièrement renouvelée. A la fin de l'état d'urgence, il avait fait l'objet d'une mesure de contrôle administratif, contre laquelle il avait déposé le recours.

 
39 commentaires - La nouvelle loi antiterroriste soumise au Conseil constitutionnel
  • Le temps qu'ils statuent le terrorisme sera vaincu.

    Ah moins que ce soit le Conseil et nous avec qui soyons vaincus.....le mal est fait et il faut le combattre.... L EI a deversé sa gourme dans le monde

  • le liberticide macron veut une loi qui supplante l'état d'urgence en espérant que les Français,matraqués par les services d'information depuis des mois, le suivent .Les Français moyen se disant les djihadistes sont les méchants et ils faut les contrôler, les arrêter et les punir. D'accord très bien, mais ces lois votées sont applicables à toutes les personnes vivant sur le territoire.
    Ces lois donnent encore plus de pouvoir aux préfets et aux forces de l'ordre ce qui ne va pas sans problèmes. En effet pourquoi ne pas considérer,demain, comme terroristes toutes personnes ou groupe de personnes qui ne seront pas en accord avec le gouvernement? - en France on est spécialiste pour détourner les lois.
    De plus le président arrête l'état d'urgence parce que les militaires et forces de l'ordre ont manifestés leur ras le bol de ces gardes statiques de lieux et de personnes. Et parce que l'état d'urgence coûtait très cher au pays.
    Ce président est un spécialiste pour aborder un vrai problème (lutte contre le terrorisme, chômage,nécessité de garder les capitaux des riches en France-pour l'économie-, permettre aux entreprises d'adapter leurs moyens de production aux aléas du marché, ralentir l'endettement du pays, etc...) et leur trouver des fausses solutions.

  • Le président Emmanuel Macron avait choisi de ne pas demander le contrôle par le Conseil constitutionnel de cette loi, adoptée à une large majorité au Parlement, jugeant le "texte pleinement satisfaisant". Comme cela si le conseil constitutionnel retoque la loi, le macron pourra dire voyez, moi je voulais faire ce qui fallait pour protéger les français.

  • encore une fois l'essentiel va etre annule par ceux qui ne risquent rien ! et apres en avant les marchent blanches...

  • Loi anbtiterroriste par le conseil.... "des Sages"
    En esperant que ces pseudos sages considereront de façon logique une loi qui commence par ne pas ramener dans la bergerie le.... loup
    A savoir que les djihadistes Francais (plutot de double nationalité pour la majorité) partis en Syrie ne soient aucunement rapatries dans notre pays car il ne faudra pas alors que le moindre faux pas soit meme a envisager sans que leur responsabilité soit engagée
    Ces djihadistes (Femmes et hommes adultes) doivent etre jugés dans le pays qu ils ont desirer "servir" d une façon terrible !
    Notre Justice trop humaine au risque de devenir inhumaine par ses manquements ne peut se permettre d etre a l origine de nouveaux attentats
    N'oublions pas que lors des terribles évènements de 2015 a Paris, le President en fonction avait proposé la dechéance de nationalité Quoi de plus logique lorsqu un individu trahi sa Patrie que cette application De plus ces terroristes en puissance ne se trouvent meme pas comme des apatrites puisque la plupart sont de double nationalité et au pire ils bénéficieront de la nationalité syrienne ou autres bastions de l EI......
    L un des principaux principes de cette loi antiterroriste doit avant tout passer par le non retour de ces djihadistes toujours en puissance

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