La menace d'un troisième confinement plane sur la France

La menace d'un troisième confinement plane sur la France
Biarritz, le 16 janvier 2021.

, publié le jeudi 21 janvier 2021 à 09h46

Face à la menace du variant anglais du Covid-19, jugé plus contagieux, l'épidémiologiste Renaud Piarroux appelle jeudi matin sur franceinfo le gouvernement à mettre en place rapidement un nouveau reconfinement.




Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a prévenu mercredi 20 janvier qu'il n'y aura "pas d'évolution des restrictions nationales cette semaine", expliquant que l'exécutif "donn(ait) sa chance" au couvre-feu avancé à 18h. Mais jusqu'à quand ?

La situation sanitaire ne s'améliore pas. La tendance à la hausse des hospitalisations de malades du Covid-19 s'est poursuivie mercredi, avec un nombre de patients en réanimation au plus haut depuis mi-décembre, selon les chiffres de Santé publique France.

L'autorité sanitaire dénombre 2.842 patients en "réa", donc atteints de formes graves de la maladie, un chiffre jamais atteint depuis le 15 décembre, et qui n'a cessé d'augmenter depuis 10 jours. Le nombre de malades hospitalisés au total a grimpé à 25.650, le plus élevé depuis le 8 décembre.

"Difficile" d'échapper au reconfinement

L'arrivée sur le territoire du variant britannique, plus contagieux, fait par ailleurs craindre aux épidémiologistes une forte reprise de l'épidémie de Covid-19 en mars. "D'ici au mois de mars, le variant anglais sera dominant, au moment où le variant va prendre le dessus, il va contrôler le tempo. Cela va monter vite", alerte jeudi matin sur franceinfo Renaud Piarroux, chercheur en épidémiologie à l'institut Pierre Louis et chef de service à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Face à cette situation, "on n'échappera pas à un reconfinement", prévient le médecin. "Je dis au gouvernement, faites-le maintenant, faites-le moins longtemps, mais faites-le", réclame le médecin. "On va avoir ce que les Anglais ont pu voir, une remontée de l'épidémie. En ce moment en Grande-Bretagne, je me suis aperçu qu'en même pas trois semaines, on est déjà à 20.000 morts", explique-t-il. 

"Ne pas reconfiner immédiatement entraînerait un confinement dont la durée se compterait "en mois", prévient le Pr Piarroux, qui souhaite voir se mettre en place "quelque chose qui ressemblerait au mois de mars et avril", rejetant la stratégie des "petits pas", celle d'un confinement différencié ou seulement le week-end. 

Il sera "difficile" d'échapper à un reconfinement général, a également indiqué à BFMTV un responsable gouvernemental important. Deux situations sont à l'étude, rapporte la chaîne d'info : celle d'un reconfinement si le nombre de contaminations explose et celle d'un reconfinement "préventif", qui permettrait de pouvoir maintenir les écoles ouvertes et ainsi ne pas paralyser l'économie. 

Sur BFMTV, la professeur Odile Launay, infectiologue et membre du comité vaccin Covid-19, préconise de son côté jeudi un reconfinement limité "aux gens les plus à risque".
 

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