La leçon d'histoire ratée d'Emmanuel Macron et Stéphane Bern

La leçon d'histoire ratée d'Emmanuel Macron et Stéphane Bern©Panoramic

Texte 6Medias / Vidéo BFMTV, publié le samedi 16 septembre 2017 à 18h00

A l'occasion des Journées du Patrimoine, le président de la République s'est rendu samedi 16 septembre avec son nouveau chargé de mission Stéphane Bern au château de Monte-Cristo à Port-Marly (Yvelines). Les deux hommes étaient accompagnés des élèves d'une classe de CM2 pour visiter cet endroit où a vécu l'écrivain Alexandre Dumas.

Alors que le guide présentait à ses visiteurs l'ordonnance de Villers-Cotterêts, qui fut signée en 1539 par François 1er, Stéphane Bern a alors précisé que c'était grâce à ce texte que "nous parlons tous le français" aujourd'hui. Emmanuel Macron a ensuite ajouté que l'ordonnance correspondait au moment où "le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans le royaume devaient parler français".



Une séquence publiée sur le compte Twitter d'Emmanuel Macron et qui n'a pas tardé à provoquer la réaction de plusieurs historiens, qui ont immédiatement remis en cause la version de l'histoire racontée par le chef de l'Etat et son nouveau conseiller. Mathilde Larrère, spécialiste de la Révolution et de la citoyenneté, ancienne membre du parti de gauche et habituée des "recadrages" envers ceux qui tentent de déformer ou de manipuler l'histoire, a corrigé Emmanuel Macron et Stéphane Bern sur le réseau social. Elle explique que l'édit en question "n'impose en aucun cas le français comme langue aux populations du royaume" mais qu'il stipule juste que "les actes légaux et notariés seront en français". Elle ajoute ensuite que ce que certains tentent "d'attribuer à François 1er" est en fait imposé par la Révolution, profitant de l'occasion pour ironiser sur le "roman" raconté aux enfants et l'amour porté par Stéphane Bern au pouvoir royal.



L'historien et chroniqueur de Franceinfo Thomas Snegaroff a également réagi à cet épisode, rappelant que l'ordonnance ne concerne en effet que "les actes officiels", admettant que "1539 marque cependant une étape clé dans l'imposition du français", même si à ce moment-là, "le français est loin d'être répandu partout dans le royaume".

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