La France restera en Irak, affirme Emmanuel Macron

La France restera en Irak, affirme Emmanuel Macron
Le président de la République Emmanuel Macron.
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publié le samedi 28 août 2021 à 17h46

La bataille contre le terrorisme islamiste n'est pas encore terminée, a-t-il poursuivi.


Le président de la République, en visite en Irak, a tenu à affirmer que la France resterait en Irak, et ce "quels que soient les choix américains". Dans la foulée, il a annoncé que des "discussions" avaient été "entamées avec les talibans afin de "protéger et rapatrier des Afghanes et des Afghans" en situation de risque depuis le changement de régime à Kaboul le 15 août.

Ces évacuations sont planifiées conjointement avec le Qatar qui, dans le cadre de ses discussions avec les talibans, a la possibilité d'"aménager des opérations de pont aérien", a précisé Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a également profité d'un aparté avec l'émir du Qatar Tamim ben Hamad Al-Thani pour évoquer la manière dont Doha pourrait aider la France, qui a mis fin aux évacuations depuis Kaboul, à exfiltrer des réfugiés afghans au-delà du 31 août.

Cela pourrait se faire via les avions de ligne sa compagnie Qatar Airways depuis l'aéroport civil de Kaboul, a indiqué son entourage.


"Le Qatar a de bons contacts avec le nouveau régime (des talibans, ndlr)", a souligné un diplomate français. "Nous jouerons toutes les cartes". L'attentat de Kaboul a aussi mis en relief la "menace" que représente l'EI, a prévenu Emmanuel Macron en prélude à la conférence, tout en appelant à "ne pas baisser la garde" face aux jihadistes.

L'Irak, où des cellules de l'EI continuent de mener des attentats quatre ans après sa défaite militaire, et la France "sont des partenaires clés dans la guerre contre le terrorisme", lui a répondu le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

"Nous refusons que l'Irak soit utilisé comme terrain de conflits régionaux et internationaux", a-t-il ensuite martelé lors de son intervention à la conférence.

Paris fournit à l'Irak un appui militaire, notamment aérien, avec en moyenne 800 hommes dans le cadre de la coalition internationale qui continue de livrer bataille contre l'EI. Et la France est là "pour rester dans la durée, tant qu'il le faudra", a-t-on assuré dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

Côté américain, quelque 2.500 soldats sont toujours déployés en Irak. Ils se cantonneront officiellement à un rôle de "conseillers" des forces de sécurité irakiennes dès 2022. Dimanche, le président français se rendra au Kurdistan irakien, où il saluera la lutte des Kurdes contre l'EI, puis à Mossoul, symbole de la victoire contre le groupe radical qui l'a occupée de 2014 à 2017. 

Par cette conférence régionale, l'Irak souhaitait "désamorcer" les tensions entre l'Iran et l'Arabie saoudite, selon un conseiller de Kazimi. L'Irak, qui a déjà accueilli deux rounds de pourparlers à huis clos entre ses deux voisins depuis le début de l'année, veut devenir un hôte incontournable de la région. Téhéran, Ryad et Ankara étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères à Bagdad. Outre l'émir du Qatar, étaient également présents le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie, entre autres responsables régionaux. 

La seule présence des chefs de la diplomatie iranien et saoudien a déjà été une "réussite", à en croire un conseiller du Premier ministre irakien. L'Iran et l'Arabie saoudite n'ont plus de relations diplomatiques depuis 2016 et ils s'opposent sur les conflits yéménite et syrien. 

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