La France interdit le broyage des poussins mâles et la castration à vif des porcelets

La France interdit le broyage des poussins mâles et la castration à vif des porcelets
Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, le 30 juin à l'Élysée.

publié le lundi 19 juillet 2021 à 17h20

Le ministre de l'Économie Julien Denormandie l'annonce dans un entretien au Parisien, lundi 19 juillet. 

Début 2020, la France avait annoncé vouloir interdire d'ici fin 2021 le broyage des poussins ainsi que la castration à vif des porcelets. Cette dernière sera interdite à partir du 1er janvier 2022 en vertu d'un récent texte réglementaire.




Cela va aussi être le cas pour l'élimination des poussins mâles. "Au 1er janvier 2022, tous les couvoirs de poules devront avoir installé ou avoir commandé des machines permettant de détecter le sexe des poussins dans l'œuf, avant éclosion", déclare Julien Denormandie dans cet entretien au Parisien. Selon le ministre, permettra de mettre fin à l'élimination de "50 millions de poussins mâles juste après leur naissance chaque année en France". 

Les poussins mâles sont généralement broyés après leur éclosion parce qu'ils ne pondront pas d'oeufs et sont jugés trop chers à élever et peu rentables car moins fournis en viande. Cette pratique est interdite depuis le 1er janvier 2020 en Suisse, un pays qui autorise néanmoins l'élimination des poussins avec du gaz CO2. L'Allemagne a aussi voté en mai une loi interdisant le broyage des poussins mâles à partir du 1er janvier 2022. 

1 centime d'euro plus cher pour six œufs

En France, "le Conseil d'État sera saisi à la fin de l'été d'un projet de décret" précisant ces nouvelles obligations", précise Julien Denormandie, et les appareils "devront obligatoirement être installés et mis en service dans le courant de l'année" dans les couvoirs concernés. Selon lui, "les machines seront installées pour deux tiers de la production" du pays "dès la fin du premier trimestre 2022". "2022 sera donc l'année de la fin du broyage et du gazage des poussins mâles en France", se félicite le ministre. 

Pour accompagner les professionnels dans un investissement de "plusieurs millions d'euros", "l'État accordera 10 millions d'euros sous forme de subventions, dans la limite de 40% du montant de chaque investissement", dans le cadre du plan France Relance. Pour le consommateur, "le surcoût" est "estimé à 1 centime d'euro" sur le prix d'une boîte de six œufs, précise encore le ministre, qui entendait promouvoir la fin du broyage des poussins mâles lors d'un Conseil des ministres de l'Agriculture européens lundi. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.