Le gouvernement sous le feu des critiques pour sa politique migratoire

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 Des réfugiés soudanais arrivent à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 décembre 2017, près de Paris

Des réfugiés soudanais arrivent à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 18 décembre 2017, près de Paris

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© AFP, Jacques Demarthon
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AFP, publié le lundi 18 décembre 2017 à 21h00

Le gouvernement, qui affiche sa fermeté en matière migratoire, s'est retrouvé lundi sous le feu des critiques, alimentées par son projet de recenser les migrants dans les centres d'hébergement d'urgence, au risque d'instaurer une logique de "tri" selon les associations.

Plusieurs grands acteurs de l'hébergement d'urgence, ainsi que SOS Racisme, ont saisi lundi le Défenseur des droits Jacques Toubon, lui demandant "d'intervenir auprès du gouvernement" pour que ses dernières instructions, "portant gravement atteinte aux droits fondamentaux" des étrangers, "ne soient pas mises à exécution".

Au-delà, c'est la politique migratoire du gouvernement dans son ensemble qui est de plus en plus visée, alors qu'un projet de loi attendu au premier semestre aiguise les inquiétudes.

Le Secours catholique (Caritas France) et la Fédération de l'entraide protestante (FEP) ont dénoncé "un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République". Jugeant le recensement "inacceptable", le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a dit avoir "un peu mal à (son) pays en termes de valeurs".

La colère des associations, en ce 18 décembre qui est aussi la journée internationale des migrants, s'est cristallisée autour d'une circulaire datée du 12 décembre, dans laquelle le ministère de l'Intérieur demande aux préfets d'envoyer des "équipes mobiles" pour procéder à un recensement dans les centres d'hébergement d'urgence.

Mesure pratique, souligne-t-on place Beauvau, en expliquant que le flou régnant autour des personnes hébergées contribue à la saturation des structures. L'idée est donc de réorienter les occupants en fonction de leur situation administrative (réfugié, débouté...).

"Sous couvert d'offrir une orientation" adaptée, ce dispositif "détourne l'hébergement d'urgence" de sa finalité pour "mettre en oeuvre la politique de gestion des flux migratoires", estiment les associations.

"Certaines personnes vont être amenées à fuir si les centres deviennent des pièges, et le dispositif va produire plus de personnes à la rue", avertit Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Le Défenseur des droits, qui pointe une "situation difficile", a indiqué sur France Inter avoir écrit au ministre Gérard Collomb le 14 décembre, pour l'interroger notamment sur "un point essentiel", à savoir "le droit à un recours" des personnes éloignées des centres d'hébergement d'urgence.

Signe que le débat touche aussi la majorité, la présidente de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, Brigitte Bourguignon (LREM), a appelé à "travailler en partenariat et non en conflit avec le secteur associatif".

- Le FN crie 'victoire' -

L'Intérieur tente de calmer le jeu en répétant qu'il n'y aura pas de policiers dans les équipes mobiles, que celles-ci s'annonceront "au moins 24 heures à l'avance". Il souligne également la possibilité de régularisation ouverte par cette circulaire.

Mais, faisant valoir leur mission d'"accueil inconditionnel", les associations refusent d'avance de participer à un "tri".

La politique migratoire de l'exécutif se fonde sur la distinction opérée par Emmanuel Macron entre demandeurs d'asile et "migrants économiques".

Côté accueil, la France mise sur la sélection dans les pays de transit, avec un objectif de 10 000 réfugiés "réinstallés" d'ici 2019, dont 3 000 en provenance d'Afrique. Lundi, les premiers sont arrivés à Roissy.

Côté fermeté, le ministre de l'Intérieur s'est félicité lundi d'une hausse de 14% des renvois cette année. Il a récemment donné des consignes très fermes aux préfets pour "renforcer" la lutte contre l'immigration irrégulière.

A Beauvau, on redoute que la France ne subisse avec un temps de retard la crise migratoire de 2015-2016, en raison de "flux secondaires" de migrants, déboutés de l'asile en Allemagne notamment. 

Les associations s'alarment aussi du "harcèlement" policier à Calais, à Paris ou à la frontière franco-italienne, où les migrants tentent désormais de passer par le Briançonnais et ses cols enneigés.

Des inquiétudes encore nourries par le futur projet de loi, puisque le gouvernement compte doubler la période maximale de rétention et réduire les possibilités de recours, selon le texte que s'est procuré l'AFP.

Dénonçant un "concert des pleureuses", le FN s'est "félicité" que "le problème majeur de l'immigration soit posé", y voyant une "victoire politique".

 
228 commentaires - Le gouvernement sous le feu des critiques pour sa politique migratoire
  • mais stop ! cela suffit on ne nous a pas demandé notre avis pour toutes ces invasions ! encore des gens qui vont être nourris, logés , blanchis à nos frais , et pendant ce temps les français sont taxés à tout va pour les entretenir ! qu'ils défendent leur pays, qu'ils travaillent pour le développer au lieu de se battre et faire des gosses et venir chez nous, à croire qu'en France on n'écoute que la minorité d'associations de bobos et pas le peuple !

  • Un vote des français...pas l'avis d'associations subventionnées et nous verrons le soutient pour encadrer l'immigration

  • Il faut quand même avoir conscience que par rapport un petit état comme le Liban ou les réfugiés syriens représentent le quart de sa population, la France est loin d'accueillir toute la misère du monde. Pourtant ses « chef de guerre » Sarkozy et Hollande ont largement contribué en intervenant en Libye et en Syrie à l'afflux de réfugiés fuyant la guerre.. L'expédition de Sarkozy en Libye pour se venger de Kadhafi et faire plaisir au Qatar a complètement déstabilisé ce pays et par ricochet les pays de l'Afrique de l'Ouest du Nord Cameroun au Mali. Les armes abandonnées par l'armée libyenne ont permis d'armer des groupes armés infiltrés par des djihadistes qui ont opéré jusqu'au sud de la Côte d'Ivoire. Par ailleurs victimes des persécutions des Libyens, les subsahariens ont tenté de trouver refuge en Europe. Quant aux afghans ils continuent de pâtir des séquelles d'une guerre engagée il y aura bientôt 40 ans par les étasuniens, qui pour se venger de leur défaite au Vietnam et sous prétexte de libérer le pays de régime républicain proche de la Russie communiste ont financé Al Qaeda dirigées par Bin Laden . Les Érythréens pour leur part , sans que la communauté internationale bouge le petit doigt, subissent une dictature, au regard de laquelle Assad apparaît comme un enfant de chœur. Enfin les Soudanais du Sud ont le malheur d'avoir du pétrole sur le territoire, d'où un conflit interminable.

  • je ne vois pas en quoi le fait de rescencer les migrants est un acte contraire a la bienseance de plus cela doit permettre de mettre en place un systeme de gestion en adequation avec leur nombre et de mieux les acceuillir je n'ai pas vote macron mais je soutiens cette initiative il faut mettre fin a une certaine demagogie de quelques associations qui comme certains politique veulent faire parler d'elles non pas pour etre efficaces mais pour se faire plaisir

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    JEANPAIN  (privé) -

    tu sais ce matin bourdin nous a ressortit les sornettes des années soixantes ou l'immigré est courageux et gentil contrairement aux Français fainéants et racistes.
    il a même dit que les apprentis Français étaient des fainéants, faut dire qu'il a été vexé quand Louis Alliot lui a demandé, combien il avait de migrant dans sa propriété.....

    La bien pensance se déchaine, le gouvernement écoute le peuple qui depuis des lustres dit stop, le gouvernement n'écoute plus les assos c'est bien, reste à les dissoudre, 34 milliards par an qu'elles nous coutent.....

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