La franc-maçonnerie impliquée dans la tentative d'assassinat par des militaires de la DGSE

La franc-maçonnerie impliquée dans la tentative d'assassinat par des militaires de la DGSE
(Photo d'illustration)

, publié le mercredi 03 février 2021 à 09h17

Trois nouveaux suspects, dont le possible commanditaire, qui se sont connus au sein d'une loge maçonnique ont été mis en examen et écroués mardi 2 février dans l'enquête sur la tentative d'assassinat d'une coach en entreprise. 

Qui a bien pu vouloir éliminer Marie-Hélène Dini ? L'été dernier, cette coach en entreprise de 54 ans, à la tête de plusieurs sociétés, a échappé à une tentative de meurtre à Créteil, en région parisienne. Le 24 juillet, deux hommes apparemment en planque dans une voiture avaient été arrêtés à proximité du domicile de Mme Dini après avoir été signalés par un riverain qui avait décelé un comportement suspect. 




Interpellés, les deux hommes s'étaient avérés être des soldats de 28 et 25 ans, affectés au centre parachutiste d'entraînement de Saran (Loiret), dépendant de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Dans leur voiture, volée, se trouvaient plusieurs armes, dont un revolver et des couteaux en dotation dans l'armée. Ils avaient affirmé aux enquêteurs qu'ils pensaient agir pour le service action de la DGSE, dont ils ne faisaient pas partie.

Le possible commanditaire de cette tentative d'assassinat, ainsi que deux autres suspects, a été mis en examen et écroué, a appris mardi 2 février l'AFP. Jean-Luc B., un coach en entreprise, est soupçonné d'avoir passé ce contrat pour éliminer sa concurrente, a précisé une source proche du dossier, confirmant les informations de France Télévision et RTL. Marie-Hélène Dini prévoyait de créer un syndicat pour encadrer les pratiques de la profession et son concurrent craignait de ne pas être labellisé, donc d'être financièrement pénalisé, selon les deux médias.

Ces trois nouveaux suspects, mis en examen entre le 25 janvier et ce mardi, se sont connus au sein d'une loge maçonnique. Deux de ces nouveaux suspects "ont été mis en examen des chefs de complicité de tentative de meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs et complicité de vol avec violences", a indiqué une source judiciaire. Les mêmes chefs ont été retenus contre le troisième suspect, également poursuivi pour "complicité de destruction de bien appartenant à autrui et acquisition et détention d'arme de catégorie A", a ajouté cette source.

Des membres de l'équipe impliqués dans d'autres affaires criminelles 

Au total, neuf personnes sont désormais poursuivies dans cette enquête, confiée à la Brigade criminelle de la police judiciaire de Paris, dont quatre militaires du centre de Saran. Au moins sept suspects sont par ailleurs en détention provisoire. Certains des membres de l'équipe pourraient être impliqués dans d'autres affaires criminelles, notamment la disparition d'un pilote de rallye corse dont le corps a été retrouvé en 2020, selon la source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

"Les policiers ont remonté toute la filière", s'est réjoui auprès de l'AFP l'avocat de Mme Dini, Me Joseph Cohen-Sabban. "En bas, ce sont des fous dangereux et en haut des malfaisants dangereux", a-t-il ajouté, précisant que sa cliente "revit" de les savoir en détention. "Ce sont des personnes qui normalement sont là pour protéger les autres, qui sont dans le domaine de la défense, la police, la sécurité, le monde des affaires, ou qui y ont été, et qui violent toutes les règles. C'est le côté le plus sombre de notre société", a commenté Me Cohen-Sabban.

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